Agence Blackbone: Coltan song. Tome 1 (Manu Causse et alii)

Agence Blackbone: Coltan song. Tome 1 (Manu Causse et alii)

Résumé de l’éditeur

Marie, 18 ans, vient de perdre sa mère journaliste dans un accident de la route. En triant ses affaires, elle comprend qu’Irène s’intéressait aux conditions de fabrication d’un smartphone dernière génération et à un mystérieux individu lié à cette entreprise. Et si la mort de sa mère n’était pas accidentelle ? Avec l’aide de Léo, un jeune hackeur, et de sa marraine, reporter italienne, Marie reprend l’enquête et remonte la piste d’un trafic de minerais rares en Afrique. Elle apprend que son père a été assassiné avant sa naissance en Sierra Leone. Marie veut révéler au grand jour ce trafic et le nom des meurtriers de ses parents. Mais les voix de deux adolescents et d’une journaliste peuvent-elles faire le poids contre une entreprise internationale ?

Le premier volet des aventures du Collectif Blackbone qui porte sur les « minerais du sang  » en Afrique. Roman ado dès 15 ans.

Mon avis

« Coltan Song » est le premier tome de la toute nouvelle saga jeunesse Blackbone, écrite par un collectif de quatre auteurs toulousains. Rien que cette prouesse d’écriture à plusieurs est à saluer : ça ne doit pas être facile de se synchroniser pour créer une histoire cohérente avec la touche de chacun.

Dans ce récit, nous faisons la connaissance de Marie, 18 ans, une jeune fille métisse qui n’a jamais connu son père (il est décédé avant sa naissance) et dont la mère, Irene Forget, vient de mourir dans un accident de la route. Désormais seule, Marie se rend dans l’appartement de sa mère pour effectuer du rangement. C’est là que Léo, alias Hell-O, un jeune hacktiviste et professionnel de l’informatique, la contacte car il prétend détenir des informations précieuses sur sa mère et sur les causes de sa mort.

Selon lui, l’accident de la route dont a été victime Irene n’en était pas un. Sa mort serait liée à son passé de grand reporter en Afrique et principalement à un homme blanc, qui a assassiné Peter, le père que Marie n’a jamais connu. Cette question amène les deux jeunes à enquêter afin d’en avoir le cœur net, ce qui plonge le lecteur dans des explications historiques et une enquête policière, projeté à plusieurs moments en Afrique, en Sierra Leone et en République Démocratique du Congo plus particulièrement, où on assiste, impuissant, à la destruction, aux meurtres, à l’esclavagisme, à la domination des certains hommes blancs sur des hommes noirs pauvres.

Quoique difficile à appréhender à cause de la violence des scènes qui se jouent sous nos yeux, j’ai beaucoup aimé ces immersions dans les conflits africains qui, malheureusement, perdurent encore aujourd’hui. Les mettre en avant de cette manière est très intéressant, car cela permet aux jeunes de prendre conscience des inégalités qui régissent notre monde.

Lors de leur enquête, Hello-O et Marie, peu après accompagnés d’Andrea, la marraine de la jeune fille, découvrent une entreprise peu scrupuleuse nommée SmartGreen, qui n’est autre qu’une escroquerie planétaire, une machination mise au point par ces dirigeants pour duper un maximum de personnes et se remplir les poches. Tout en continuant de creuser, ils découvrent également que cette entreprise a de nombreux liens avec l’Afrique et cache notamment un véritable trafic d’êtres humains. Conflits historiques, environnementaux, sociaux, culturels… Marie, Hell-O et Andrea mettent à jour une escroquerie d’envergure. Mais il n’est pas facile de se faire entendre, de chercher des preuves assez incriminantes pour que l’ensemble de l’opinion publique puisse abonder dans leur sens. Il faut bien s’accrocher au récit pour ne pas en perdre le fil. L’enquête de fond, à savoir le trafic planétaire de l’entreprise SmartGreen, est assez difficile à appréhender. En effet, il regroupe plusieurs problématiques assez vastes, comme les problèmes écologiques, les nouvelles technologies… le tout additionné aux problèmes sociaux qui se déroulent en Afrique, il y a de quoi se perdre, mais ça vaut la peine de s’accrocher.

Globalement, j’ai beaucoup aimé le rythme de l’histoire. On retrouve une alternance de moments présents et passés : certaines parties de l’histoire se passent dans les années 2000 aux côtés d’Irene, alors reporter en Sierra Leone, et d’autres se déroulent dans le présent avec Marie. Les chapitres s’enchaînent avec fluidité et sans temps mort. C’est un premier tome prometteur que nous livrent les quatre auteurs. Un récit bien construit et rythmé, oscillant entre conflit historique et enquête policière, un roman engagé sur le greenwashing, le journalisme d’investigation et l’exploitation des enfants dans les mines (entre autres). Bref, un livre intéressant à faire circuler, j’ai hâte de pouvoir découvrir la suite!

Le +

Le rythme est haletant, l’action omniprésente et la recherche documentaire poussée. C’est un roman dense où on apprend beaucoup de choses et où il y a pas mal de tensions autour de l’enquête menée tambour battant sur un sujet brûlant d’actualité qui ne peut laisser indifférent.

Le –

Certaines explications documentaires sont assez longues, les jeunes lecteurs vont devoir s’accrocher.

Le coin des profs

Le roman est à proposer à des bons lecteurs uniquement en raison des informations détaillées données sur les questions économiques, sociales et écologiques concernant les relations entre l’Europe et l’Afrique. Il présente un intérêt tout particulier pour évoquer les défis sociétaux de demain.

Niveau de lecture

Intermédiaire

Genre

Thriller, récit d’investigation

Mots clés

Afrique, amour, coltan, destruction, deuil, écologie, esclavagisme, exploitation des noirs par les blancs, extraction des minerais, fabrication des téléphones, greenwashing, harcèlement, journalisme, meurtre, perte, racisme, trafic d’êtres humains

Vous aimerez ce récit si vous avez aimé…

La fille qui n’existait pas, Nathalie C. Anderson

Infos pratiques

  • À partir de 15 ans
  • Nathan
  • 302p.
  • 14,95€
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