Le hasard a un goût de cake au chocolat (Valérie Cohen)

Le hasard a un goût de cake au chocolat (Valérie Cohen)

À presque 76 ans, Adèle vient d’apprendre que son cœur fatigué ne lui laisse plus que quelques mois à vivre. Comme elle n’a pas d’enfant, elle se rend chez un notaire pour transmettre son héritage à Françoise, sa filleule, et ses trois enfants, Roxanne, Sophie et Vadim. Mais c’est bien plus que de simples biens matériels qu’elle souhaite transmettre, surtout à Roxanne et Sophie, qui sont sa sève. Observant avec bienveillance et discrétion la manière dont les deux jeunes femmes se cognent à la réalité, Adèle voudrait leur transmettre sa confiance en la vie et le lâcher-prise nécessaire pour y parvenir.

Leur inculquer les lois du hasard. Les clins d’œil du quotidien. Ces signes de la vie, invisibles pour tant d’individus barricadés dans leurs certitudes à angles droits. […] Les deux sœurs s’étaient toujours moquées avec tendresse de sa manière peu rationnelle de prendre des décisions. Adèle se fiait aux signes de l’univers, et ces derniers guidaient ses pas, comme autant de petits cailloux semés sur le chemin de la vie. […] Depuis quelques mois, une certitude s’est emparée d’elle. La mort lui paraîtra douce et acceptable le jour où Roxanne et Sophie se laisseront porter par le courant de l’existence. Encore faut-il qu’elles en possèdent le mode d’emploi. Une fois cette tâche achevée, Adèle partira, le cœur malade mais léger.

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Les silences de Médéa (Malika Madi)

Les silences de Médéa (Malika Madi)

Zohra vit à Médéa, un village paisible d’Algérie, en harmonie complète avec la nature et avec Dieu. Elle partage son temps entre sa passion pour son métier d’institutrice, la prière et les tâches ménagères dans sa maison, où elle habite avec son père et ses trois frères.

L’histoire se déroule dans le contexte historique des années 90 où l’Algérie s’embrase face à la montée en puissance de groupes islamistes, mais on pourrait tout aussi bien situer le récit à l’heure actuelle, tellement la situation est similaire dans certains pays.

Persuadée que la violence s’arrêtera aux portes de la belle Médéa, Zohra a un premier choc lorsque des meurtres sont commis dans son village. Quand elle se retrouve devant ses élèves et qu’elle constate que 35 d’entre eux ont été sauvagement assassinés, elle décide de démissionner, son métier n’ayant plus de sens à ses yeux. Elle reçoit un nouveau choc lorsqu’elle apprend que des militaires cherchent son frère Nabil car il est soupçonné de terrorisme. Zohra est ensuite enlevée avec des filles du village. Nous ne saurons rien de ce qu’il s’est passé, juste que Zohra s’est évanouie et qu’elle est la seule rescapée de l’enlèvement. La famille bascule dans le chaos.

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Très vite ou jamais (Rita Falk)

Très vite ou jamais (Rita Falk)

Résumé de l’éditeur

Jan et Nils ont vingt et un ans et sont amis depuis toujours. Ils sont entourés, heureux, et l’avenir leur sourit. Jusqu’à ce jour de février, où Nils rate un virage à moto et sombre dans un coma profond. Son pronostic vital est engagé.

Chaque jour, pendant un an, Jan rend visite à son ami, guettant le moindre signe d’amélioration. Entre ses visites, il lui écrit des lettres dans lesquelles il lui confie ses espoirs, ses angoisses, tout ce qu’il vit sans lui. Ces lettres, il a l’intention de les remettre à Nils lorsque celui-ci sortira de l’hôpital, afin qu’il lui reste une trace de tout ce temps qu’il aura passé à dormir. Mais l’état de Nils ne s’améliore pas. Pour ses parents, ses amis, son amoureuse, le voir végéter de plus en plus est insupportable. Peu à peu, tous espacent leurs visites, obligés de prendre leurs distances pour continuer à vivre. Seul Jan continue à y croire.

Rita Falk livre un récit touchant et plein d’humour sur la maladie, la mort et le deuil, qui se meut au fil des pages en un hymne à la force de la jeunesse, à la beauté de la vie.

 

Mon avis

Lorsque j’ai lu le résumé sur la couverture, l’histoire m’a attirée, mais j’éprouvais en même temps une certaine appréhension à l’idée de lire un récit épistolaire. La lettre me paraissait en effet un média has been à l’heure de la génération web 2.0, mais la lecture m’a prouvé le contraire. Ainsi, les lettres écrites par Jan ne contiennent pas que les infos relatives à la convalescence de Nils. Elles révèlent aussi les nouvelles des copains de la bande et les péripéties dans le nouveau travail de Jan. Celui-ci commence un stage au « Nid de coucous », surnom donné en référence au film avec Jack Nicholson, où il s’occupe de l’intendance dans une institution psychiatrique où les membres sont internés volontairement.

Dans les lettres figurent de nombreux petits détails de la vie quotidienne qui n’ont pas toujours un grand intérêt. Ce qui est plus intéressant, c’est de voir que plus le temps passe, plus les proches perdent espoir face à la guérison potentielle de Nils, sauf Jan qui est d’une remarquable constance dans ses visites et son optimisme quant à la guérison potentielle de son ami. Chacun souffre de voir Nils dans le coma, chacun fait comme il peut pour continuer à vivre dans cette situation en demi-teinte et cela crée parfois des conflits, tellement certaines personnalités sont différentes.

« – Certaines familles sortent grandies des épreuves qu’elles traversent, Jan. Tandis que d’autres volent en éclats. C’est tout l’un ou l’autre. Il n’y a pas une famille au monde où la vie continue normalement après un coup dur. Pas une. Et quand une famille ne reste pas unie dans le malheur, c’est en général qu’elle avait de bonnes chances d’imploser tôt ou tard. »

Le titre du livre est rapidement éclairci : « Le coma, on en sort ou très vite, ou jamais. » Le récit pourrait dès lors à première vue paraître lourd à lire, mais il ne l’est pas grâce à la personnalité « caméléon » de Jan. On le voit en effet s’adapter constamment avec beaucoup de naturel à tous les imprévus de la vie, que ce soit au Nid de coucous, à l’hôpital ou avec ses potes. Sa spontanéité et son authenticité rendent le récit très vivant, ponctué de moments de rires face aux situations cocasses dans lesquelles il a l’art de se fourrer. La fin du récit est plus intimiste et très émouvante.

 

Le +

  • Le style est simple et vivant, l’histoire se lit facilement.
  • Il y a plusieurs situations pleines d’humour, grâce à Sœur Barbara et aux pensionnaires du Nid de coucous. Certaines engueulades au chevet de Nils prêtent à sourire aussi.
  • La fin est très émouvante, le ton y est très juste.
  • Le thème est peu abordé dans la littérature de jeunesse, c’est à saluer.
  • La question du deuil impossible à commencer est intéressante, mais aussi les différentes façons dont il peut être vécu et les conséquences que tout cela engendre (ruptures amicales, divorce, dépression, tensions,…).

 

Le –

  • Il y a quelques longueurs dues à certains détails donnés.
  • Les personnages sont parfois présentés de façon caricaturale. Leur donner davantage de relief aurait intensifié la profondeur des émotions du lecteur et accru l’intensité dramatique de l’histoire.

 

Le coin des profs

  • Le roman ne présente aucune difficulté de lecture et peut être mis entre les mains de lecteurs faibles, pour autant qu’ils soient intéressés par le thème.
  • Ce roman épistolaire est plus attrayant que les classiques du genre (Les lettres persanes, etc.).

 

Infos pratiques

  • À partir de 14 ans
  • Magnard jeunesse
  • 220p.
  • 13,90€

 

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