Littérature belge

La ménopause des fées (Gudule)

La ménopause des fées (Gudule)

Depuis la disparition de la forêt de Brocéliande, Merlin l’Enchanteur s’est réfugié dans la station de métro du même nom à Paris (nous sommes au XXIe siècle). Déchu suite à la furie de sa dernière maîtresse, il passe ses journées sur un banc à péter, picoler et cuver. Mais il n’est pas tout seul, ses 3 fidèles fées ont aménagé leur demeure dans les poubelles toutes proches. Celles-ci sont toutefois quelque peu différentes des fées que nous connaissons. Nous découvrons ainsi une Vivi lascive qui fait des jeux de mots foireux, une Moorgën fasciste et une Clochette pédophile qui a « le feu au cul ». Chacune d’elle ayant une langue bien pendue, cela crée parfois des étincelles : « -L’aurait pas pu crever, cette pute ? grommela-t-elle. Morgane était bien de son avis. Des garces pareilles, moins on en côtoie, mieux on se porte. Et, accessoirement, plus on se tape de mecs. » Pas de magie, malheureusement, elles sont ménopausées, en d’autres termes, elles ont épuisé leur stock de pouvoirs magiques. À cette compagnie, vous ajoutez Excalibur, un chien qui a la trique presque toute la journée. Le décor est planté.

Tombé dans une profonde léthargie à cause de la fin de l’ère moyenâgeuse, Merlin est déconnecté du monde 2.0 et est victime d’une « sensible altération de ses facultés mentales […] au grand dam des fées, spectatrices impuissantes de la métamorphose », jusqu’au jour où il rencontre par hasard Linda Graal. Il voit alors dans son nom et autour de lui des signes de renaissance de l’Ère de la Chevalerie. Il se lance donc dans la quête de son Graal, à savoir la procréation de l’Élu, un bambin qui naîtra de Linda et de Père cheval (nom perçu comme la déformation du prénom Perceval). Ainsi, le quatuor s’agrandit avec une Linda licencieuse et querelleuse et un Père cheval bisexuel qui tombe amoureux comme il change de chemise. Le conte de fée en version légende urbaine burlesque peut commencer !

Pour lire la suite: https://le-carnet-et-les-instants.net/2017/08/07/gudule-la-menopause-des-fees/

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Le soupir de la paruline (Philippe Marchandise)

Le soupir de la paruline (Philippe Marchandise)

Sous le soleil de la Caroline du Sud, Shirley s’apprête à fêter ses 70 ans, entourée de ses 3 enfants. Elle a été mariée durant plus de 40 ans avec John, avec qui elle a partagé sa passion pour le golf, un sport qui les a aimantés et qui a rythmé leur vie de couple. Issus tous les deux d’une famille de golfeurs, ils se sont rencontrés tout naturellement sur le green et ont frappé des balles aux 4 coins du monde.

John était un amateur digne d’un professionnel. Il était à l’affût du matériel adéquat, mais dès qu’il avait trouvé le club qui lui convenait, il ne s’en séparait plus. Il y a du fétichisme dans le golf. Il fut l’un des premiers à essayer les clubs en graphite. Mais c’était sur les balles qu’il se montrait intraitable. Il prétendait qu’elles faisaient toute la différence. Il était capable de faire deux cents miles jusqu’à Philadelphie pour acheter le dernier modèle. John ne jouait qu’avec des balles neuves, sauf au practice. Il en prenait grand soin, comme le berger de ses brebis. Jamais il n’a perdu une balle sur un parcours !

Veuve depuis quelque temps, Shirley est touchée par la solitude et la vulnérabilité de la vieillesse, elle replonge dans ses souvenirs et s’interroge sur la vie.

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La station balnéaire qui attendait la mer (Bertrand Menut)

La station balnéaire qui attendait la mer (Bertrand Menut)

Dans une ville de province, Bogart travaille à l’office d’accommodation des vieux diplômes, chargé officiellement d’aider les universitaires à s’insérer dans le monde réel et à trouver un travail décent, officieusement un lieu où des « pros du bluff » s’échangent des petits boulots sans lendemain, une « agence tous risques des remplacements impossibles ».

Le directeur de Bogart annonce que, réchauffement climatique oblige, le bord de mer va se rapprocher, la ville deviendra sous peu une station balnéaire, il lance donc des grands plans de réaménagement urbain. Bogart a pour tâche de devenir le gardien du phare, qui arrivera dans quelques jours en pièces détachées. On le voit évoluer avec beaucoup de naturel dans cette situation atypique avec Miss Gable, la secrétaire de son patron et sa nouvelle amoureuse, mais aussi Artaban, qui a créé un mouvement littéraire intitulé « je-m’en-foutisme », dont le but est d’écrire « n’importe quoi selon ses envies, son humeur et son talent puisque, sauf cas exceptionnels, ça n’intéresse personne et tout le monde s’en fout ». Le ton est donné.

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N’oublions jamais les caresses (Évelyne Wilwerth)

N’oublions jamais les caresses (Évelyne Wilwerth)

Ce nouvel opus d’Évelyne Wilwerth se déroule lors d’une après-midi caniculaire sur une place en demi-cercle d’une capitale européenne. Il se présente sous la forme de 45 tableaux proposant tour à tour le point de vue de différents personnages transitant sur ladite place. Certains se connaissent, s’observent, tissant les fils d’un réseau qui prend presque forme humaine, tellement on sent battre ses pulsations.

On découvre alors sans transition l’univers d’Apolline, cette artiste peintre en deuil et en mal d’inspiration ; Canberra et Lausanne en plein vertige sensuel ; Nadim qui, du haut de ses 6 ans, veut s’ouvrir aux changements ; Athanase, le vieux Grec en plein questionnement existentiel ; la Frisée, qui tient toujours un objet noir en main ; Dame Dentelle, une fleur assoiffée sur son balcon ; enfin, Corbillard, le chien d’un SDF, fidèle à son maître, alors qu’il n’a que des miettes de nourriture et de tendresse.

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Le silence de Belle-Île (Laurence Bertels)

Le silence de Belle-Île (Laurence Bertels)

Cédric, un assureur qui a choisi son métier sans conviction, revient dans sa Bretagne natale pour accompagner les derniers moments de vie de son grand-père. On comprend vite que le jeune homme mène une vie terne, engagé « sur les rails de l’ennui » et qu’un lien fort et régénérant l’unit à Jacques Le Garrec.

[I]l se sentait riche de tout ce qu’il avait reçu de cet homme exemplaire. Chaque fois qu’il quittait Kenavo, il repartait grandi, prêt à affronter la vie et son reflet dans le miroir. Certaines personnes vous portent, décèlent le meilleur en vous, là où d’autres guettent les failles. Cédric n’attirait pas les sympathies. Il traversait son existence sans créer de remous. Et s’en accommodait. Son père avait quitté sa mère lorsqu’elle l’attendait. Comment exister après un tel abandon ? Son grand-père avait endossé les deux rôles et lui avait donné son nom. Il lui devait tout […] Son grand-père colmata les brèches du mieux qu’il put.

Lorsque son grand-père pousse son dernier souffle, Cédric se voit remettre l’héritage auquel il s’attendait, mais aussi un mystérieux carnet sous scellé, qui s’avère être le journal intime de sa grand-mère, muette depuis qu’elle a échappé de justesse à un naufrage. Intrigué et un peu inquiet par la lettre qui l’accompagne, il se lance dans la lecture du carnet et lève peu à peu le voile sur l’existence pas si lisse que ça de ses grands-parents.

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Le silence ne répond jamais (Pierre Mainguet)

Le silence ne répond jamais (Pierre Mainguet)

Nelson Ferrer, un photographe de plus de 70 ans, revient dans la capitale de sa jeunesse après 40 ans d’absence. Le récit se déroule en 3 jours, entrecoupé d’extraits du carnet rouge de Nels, où il a consigné méticuleusement tous les souvenirs de son histoire d’amour avec Irina. On comprend peu à peu qu’il a fui sa ville natale et entrepris l’écriture de son carnet après le décès de cette femme dont il est tombé fou amoureux à 20 ans.

Chaque soir j’avais rendez-vous avec nous. Il m’arrivait parfois d’écrire chichement ou au contraire, de me laisser emporter par la joie de fallacieuses retrouvailles lorsque je plongeais tête baissée dans un épisode drôle comme celui où je raconte la première fois où nous avions fait l’amour tant bien que mal. J’étais alors l’objet de sentiments contradictoires, d’une part heureux d’être arrivé à retracer avec assez de justesse ce que nous avions vécu et en même temps horriblement malheureux puisque ces événements ne seraient jamais plus que des souvenirs dont j’étais le seul dépositaire.

Il revient dans la ville de son enfance avec une certaine appréhension, tout en étant habité par la certitude d’être à sa place : ayant appris qu’il est atteint d’une grave maladie incurable, il souhaite visiter une dernière fois certains lieux et revoir les personnes ayant marqué son existence. Quand il aura accompli cela, il mettra fin à ses jours. Pas très réjouissant, me direz-vous ? De fait, mais l’intérêt de l’histoire est ailleurs car Nelson a décidé de vivre pleinement ses derniers moments, même les gestes quotidiens.

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Mouton noir (Alex Lorette)

Mouton noir (Alex Lorette)

Dans cette nouvelle pièce, Alex Lorette nous livre une histoire sur le thème du harcèlement scolaire : à presque 15 ans, Camille est victime des vexations de jeunes de son école. À travers des dialogues très concrets, on peut découvrir une bonne déclinaison de situations de harcèlement, depuis les propos indifférents typiquement adolescents jusqu’à la cruauté sans limite, elle aussi typiquement adolescente. Quand on croit avoir bien compris de quoi il s’agit, un autre tableau nous livre un nouveau rebondissement, parce que le harcèlement ne s’arrête jamais, il s’est invité dans la maison de Camille, se faufile dans des courriels insultants, se matérialise en une page Facebook anti-Camille. Bref, il est partout, lancinant.

Aussi triste que cela puisse paraître, on n’est guère étonné de lire les conversations aux accents si justes de ces jeunes. Par contre, ce sont tous les à-côtés qui font mal, tous ces petits détails qui annoncent le drame et que personne ne veut voir. Il y a Camille, qui n’a pas de répartie, se dévalorise et croit mériter ce qui lui arrive. Il y a sa maman qui veut la faire manger pour qu’elle aille mieux. Il y a une de ses enseignantes qui lui reproche son manque d’ouverture à ses camarades de classe. Il y a cette autre qui l’accuse de fuir ses difficultés quand Camille lui confie vouloir changer d’école en plein milieu d’année. Il y a ce directeur d’école qui invite à taire ce qu’il se passe dans son école, pour « ne pas traumatiser davantage notre population d’étudiants ».

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Le hasard a un goût de cake au chocolat (Valérie Cohen)

Le hasard a un goût de cake au chocolat (Valérie Cohen)

À presque 76 ans, Adèle vient d’apprendre que son cœur fatigué ne lui laisse plus que quelques mois à vivre. Comme elle n’a pas d’enfant, elle se rend chez un notaire pour transmettre son héritage à Françoise, sa filleule, et ses trois enfants, Roxanne, Sophie et Vadim. Mais c’est bien plus que de simples biens matériels qu’elle souhaite transmettre, surtout à Roxanne et Sophie, qui sont sa sève. Observant avec bienveillance et discrétion la manière dont les deux jeunes femmes se cognent à la réalité, Adèle voudrait leur transmettre sa confiance en la vie et le lâcher-prise nécessaire pour y parvenir.

Leur inculquer les lois du hasard. Les clins d’œil du quotidien. Ces signes de la vie, invisibles pour tant d’individus barricadés dans leurs certitudes à angles droits. […] Les deux sœurs s’étaient toujours moquées avec tendresse de sa manière peu rationnelle de prendre des décisions. Adèle se fiait aux signes de l’univers, et ces derniers guidaient ses pas, comme autant de petits cailloux semés sur le chemin de la vie. […] Depuis quelques mois, une certitude s’est emparée d’elle. La mort lui paraîtra douce et acceptable le jour où Roxanne et Sophie se laisseront porter par le courant de l’existence. Encore faut-il qu’elles en possèdent le mode d’emploi. Une fois cette tâche achevée, Adèle partira, le cœur malade mais léger.

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Les silences de Médéa (Malika Madi)

Les silences de Médéa (Malika Madi)

Zohra vit à Médéa, un village paisible d’Algérie, en harmonie complète avec la nature et avec Dieu. Elle partage son temps entre sa passion pour son métier d’institutrice, la prière et les tâches ménagères dans sa maison, où elle habite avec son père et ses trois frères.

L’histoire se déroule dans le contexte historique des années 90 où l’Algérie s’embrase face à la montée en puissance de groupes islamistes, mais on pourrait tout aussi bien situer le récit à l’heure actuelle, tellement la situation est similaire dans certains pays.

Persuadée que la violence s’arrêtera aux portes de la belle Médéa, Zohra a un premier choc lorsque des meurtres sont commis dans son village. Quand elle se retrouve devant ses élèves et qu’elle constate que 35 d’entre eux ont été sauvagement assassinés, elle décide de démissionner, son métier n’ayant plus de sens à ses yeux. Elle reçoit un nouveau choc lorsqu’elle apprend que des militaires cherchent son frère Nabil car il est soupçonné de terrorisme. Zohra est ensuite enlevée avec des filles du village. Nous ne saurons rien de ce qu’il s’est passé, juste que Zohra s’est évanouie et qu’elle est la seule rescapée de l’enlèvement. La famille bascule dans le chaos.

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J’aurais aimé te voir une dernière fois (Odile Vanhellemont)

J’aurais aimé te voir une dernière fois (Odile Vanhellemont)

Harley, une jeune femme d’une vingtaine d’années, a récemment rompu avec Félix, pas parce qu’ils ne s’aimaient plus, mais parce que « [l]eur amour était trop grand pour eux ». Enivrés par la fusion du premier amour, les tourtereaux se sont heurtés à la complexité d’une relation de couple. En manque d’outils pour mieux vivre leur idylle, ils ont décidé de se séparer et de « recommencer à s’aimer » quand ils seront plus mûrs.

Le roman s’ouvre sur le suicide de Félix auquel Harley assiste, impuissante. L’histoire se centre alors sur le processus de deuil de la jeune femme. Écrasée par un immense chagrin et par la culpabilité, persuadée que cet amour perdu est irremplaçable, Harley est tourmentée par des nuits d’insomnie et de cauchemars. Ses repères se sont brisés, ses proches se sentent impuissants.

Lire la suite: https://le-carnet-et-les-instants.net/2016/11/03/vanhellemont-j-aurais-aime-te-voir-une-derniere-fois/#more-10294

 

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