Le silence de Belle-Île (Laurence Bertels)

Le silence de Belle-Île (Laurence Bertels)

Cédric, un assureur qui a choisi son métier sans conviction, revient dans sa Bretagne natale pour accompagner les derniers moments de vie de son grand-père. On comprend vite que le jeune homme mène une vie terne, engagé « sur les rails de l’ennui » et qu’un lien fort et régénérant l’unit à Jacques Le Garrec.

[I]l se sentait riche de tout ce qu’il avait reçu de cet homme exemplaire. Chaque fois qu’il quittait Kenavo, il repartait grandi, prêt à affronter la vie et son reflet dans le miroir. Certaines personnes vous portent, décèlent le meilleur en vous, là où d’autres guettent les failles. Cédric n’attirait pas les sympathies. Il traversait son existence sans créer de remous. Et s’en accommodait. Son père avait quitté sa mère lorsqu’elle l’attendait. Comment exister après un tel abandon ? Son grand-père avait endossé les deux rôles et lui avait donné son nom. Il lui devait tout […] Son grand-père colmata les brèches du mieux qu’il put.

Lorsque son grand-père pousse son dernier souffle, Cédric se voit remettre l’héritage auquel il s’attendait, mais aussi un mystérieux carnet sous scellé, qui s’avère être le journal intime de sa grand-mère, muette depuis qu’elle a échappé de justesse à un naufrage. Intrigué et un peu inquiet par la lettre qui l’accompagne, il se lance dans la lecture du carnet et lève peu à peu le voile sur l’existence pas si lisse que ça de ses grands-parents.

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Le silence ne répond jamais (Pierre Mainguet)

Le silence ne répond jamais (Pierre Mainguet)

Nelson Ferrer, un photographe de plus de 70 ans, revient dans la capitale de sa jeunesse après 40 ans d’absence. Le récit se déroule en 3 jours, entrecoupé d’extraits du carnet rouge de Nels, où il a consigné méticuleusement tous les souvenirs de son histoire d’amour avec Irina. On comprend peu à peu qu’il a fui sa ville natale et entrepris l’écriture de son carnet après le décès de cette femme dont il est tombé fou amoureux à 20 ans.

Chaque soir j’avais rendez-vous avec nous. Il m’arrivait parfois d’écrire chichement ou au contraire, de me laisser emporter par la joie de fallacieuses retrouvailles lorsque je plongeais tête baissée dans un épisode drôle comme celui où je raconte la première fois où nous avions fait l’amour tant bien que mal. J’étais alors l’objet de sentiments contradictoires, d’une part heureux d’être arrivé à retracer avec assez de justesse ce que nous avions vécu et en même temps horriblement malheureux puisque ces événements ne seraient jamais plus que des souvenirs dont j’étais le seul dépositaire.

Il revient dans la ville de son enfance avec une certaine appréhension, tout en étant habité par la certitude d’être à sa place : ayant appris qu’il est atteint d’une grave maladie incurable, il souhaite visiter une dernière fois certains lieux et revoir les personnes ayant marqué son existence. Quand il aura accompli cela, il mettra fin à ses jours. Pas très réjouissant, me direz-vous ? De fait, mais l’intérêt de l’histoire est ailleurs car Nelson a décidé de vivre pleinement ses derniers moments, même les gestes quotidiens.

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Mouton noir (Alex Lorette)

Mouton noir (Alex Lorette)

Dans cette nouvelle pièce, Alex Lorette nous livre une histoire sur le thème du harcèlement scolaire : à presque 15 ans, Camille est victime des vexations de jeunes de son école. À travers des dialogues très concrets, on peut découvrir une bonne déclinaison de situations de harcèlement, depuis les propos indifférents typiquement adolescents jusqu’à la cruauté sans limite, elle aussi typiquement adolescente. Quand on croit avoir bien compris de quoi il s’agit, un autre tableau nous livre un nouveau rebondissement, parce que le harcèlement ne s’arrête jamais, il s’est invité dans la maison de Camille, se faufile dans des courriels insultants, se matérialise en une page Facebook anti-Camille. Bref, il est partout, lancinant.

Aussi triste que cela puisse paraître, on n’est guère étonné de lire les conversations aux accents si justes de ces jeunes. Par contre, ce sont tous les à-côtés qui font mal, tous ces petits détails qui annoncent le drame et que personne ne veut voir. Il y a Camille, qui n’a pas de répartie, se dévalorise et croit mériter ce qui lui arrive. Il y a sa maman qui veut la faire manger pour qu’elle aille mieux. Il y a une de ses enseignantes qui lui reproche son manque d’ouverture à ses camarades de classe. Il y a cette autre qui l’accuse de fuir ses difficultés quand Camille lui confie vouloir changer d’école en plein milieu d’année. Il y a ce directeur d’école qui invite à taire ce qu’il se passe dans son école, pour « ne pas traumatiser davantage notre population d’étudiants ».

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