Hôtel Grand Amour (Sjoerd Kuyper)

Hôtel Grand Amour (Sjoerd Kuyper)

Résumé de l’éditeur

Au moment où Vic marque le but qui qualifie son équipe, son père s’effondre, victime d’un malaise. Il est emmené d’urgence à l’hôpital et Vic et ses trois sœurs doivent alors gérer seuls l’hôtel familial. Très vite, c’est le grand n’importe quoi ! Les clients s’enfuient, les créanciers débarquent : il ne reste plus que quinze jours pour sauver l’hôtel ! Tenir un hôtel avec trois sœurs survoltées, un papa à l’hôpital, un cuisinier démissionnaire, des clients qui fichent le camp ? Du haut de ses 13 ans, Vic pense qu’il peut y arriver… Le héros raconte son histoire en s’enregistrant sur un vieux magnétophone et nous plonge dans une histoire pleine d’émotions, de sensibilité et d’humour.

 

Mon avis

J’ai eu un véritable coup de cœur pour ce roman drôle et décalé que j’ai dévoré ! Je vous explique…

Vic est le seul garçon de la fratrie, il a 3 sœurs : Laeti, 19 ans ; Alex, 15 ans, et Pétro, 9 ans. La mère est décédée d’un cancer et depuis, le père a fait ce qu’il pensait être le mieux pour protéger ses enfants, à savoir les tenir à l’écart de la gestion de son hôtel pour qu’ils puissent vivre leur jeunesse le mieux possible. Quand il fait un infarctus et complique sa guérison en fumant en cachette, il prolonge son séjour à l’hôpital et force contre son gré ses enfants à se débrouiller seuls. Il croit que Vic a contacté son assurance pour faire venir un remplaçant, mais le hic, c’est que personne ne viendra car il est en retard de paiement depuis plusieurs mois, et pas que pour son assurance. Pour le ménager, les enfants se gardent bien de dire la vérité à leur père. On sent que Vic a une relation très forte avec lui, même si elle est faite de ces non-dits typiquement masculins.

« Quand ta maman est morte, ton père n’a plus de femme. Alors, tu ne pleures pas, histoire de ne pas en rajouter au chagrin de ton père. Mon père est le seul à avoir le droit de m’ébouriffer les cheveux. Parfois, je me dis que c’est mon meilleur ami. Je me trompe, parce qu’il est beaucoup plus que ça. Il est toujours là. Si je me dispute avec un copain, eh bien le copain, il va me faire la tête, et je ne le verrai plus pendant des jours et des jours. Un père, ce n’est pas comme ça. En tout cas, mon père, il n’est pas comme ça. Un père, tu peux lui faire un câlin et t’asseoir sur ses genoux. Un père, ça te serre dans ses bras. Tu ne peux pas faire ça avec un copain. Si quelqu’un te tire dessus, ton père, il va se jeter devant toi pour empêcher les balles de te toucher. C’est quelque chose que tu sais. Je ferais pareil pour lui. En tout cas, je crois. Non, j’en suis sûr. Je ferais n’importe quoi pour lui. N’importe quoi ! »

Voilà donc les 4 frère et sœurs qui se retrouvent seuls pour gérer l’hôtel. L’affaire n’est pas simple car on ne peut pas dire que l’entente dans la fratrie soit bonne : chacun fait ce qu’il veut et la guerre est déclarée quand l’un vient contrarier les plans de l’autre.

  • Tu veux bien m’aider, s’il te plaît ?

  • Non !

  • Mais je suis ton frère !

  • Le frère est l’ennemi de la sœur !

  • J’ai besoin de tes conseils à cause d’une femme !

  • L’homme est l’ennemi de la femme !

  • Je suis amoureux !

  • L’être humain est un ennemi pour lui-même !

  • Je voudrais emprunter ton mascara !

Elle a dû trouver ça intéressant, car la porte de sa chambre s’est rouverte. Elle était tellement maquillée que je me suis demandé s’il en resterait un peu pour moi. Ou si elle n’avait pas épuisé toutes les réserves de mascara de la terre.

 

Mais il y a aussi quelques scènes décalées hilarantes…

« Je pensais que Pétro s’occupait du bar, mais elle était introuvable […] La tête de Pétro est apparue un instant au-dessus du bar, avant de disparaître aussitôt. Elle était trop petite ! Elle devait sauter pour que sa tête dépasse du comptoir !

  • … Vic !

Elle ne parvenait pas à dire plus d’un mot par saut. Je lui ai apporté une caisse pour qu’elle puisse prendre un peu de hauteur. Aussitôt, elle a posé son lapin mort sur le bar, avant de noter soigneusement la première commande. Un vin blanc et un rhum. La cliente a commencé à caresser le lapin…

  • Hiiiiiiii ! Un cadavre ! elle a hurlé.

  • Il vient de mourir, mais on va lui mettre un ballonnet, a expliqué Pétro en versant du rhum dans un verre à bière et en cachant son lapin sous le bar. »

Nous découvrons l’histoire sous le point de vue de Vic, qui raconte ses journées sur un enregistreur. Il est plein de bonne volonté, c’est très touchant, mais les dettes de son père le dépassent, le cuisinier n’en fait qu’à sa tête, la petite sœur promène un lapin mort partout et fait fuir les clients, l’autre sœur porte une jupe très très courte ou l’autre s’amourache d’un client habitué dépressif. Bref, on évolue dans un joyeux bordel, où Vic tente de régler les dettes paternelles, tout en jouant au foot et en vivant ses premiers émois avec la belle et mystérieuse Isabelle.

À travers un récit très rythmé, l’auteur aborde des thèmes difficiles tels que le deuil ou les difficultés financières, mais ceux-ci sont traités sans lourdeur ou mièvrerie. On ressort de cette lecture joyeux, avec l’envie de danser sous la pluie…

 

Le +

  • L’histoire sort un peu des sentiers battus et malgré la lourdeur apparente du thème, la lecture promet des moments de franche rigolade à travers les nombreuses scènes cocasses.
  • La guerre entre Vic et ses sœurs va se calmer face à l’adversité et va les aider à mieux communiquer entre eux. C’est très touchant.
  • Vic ne comprend rien aux filles et c’est vraiment comique de lire son désarroi face à leurs comportements qu’il ne comprend pas.

 

Le –

  • Le récit se termine par un happy end qui me paraît un peu forcé, mais honnêtement, ça fait quand même du bien, tellement la fratrie est attachante.

 

Le coin des profs

  • Le roman ne présente aucune difficulté de lecture et peut vraiment être conseillé à des jeunes fâchés avec la lecture ou ayant besoin de légèreté.

 

Mots clés

Famille, amour fraternel (mais aussi disputes), maladie, dettes, humour

 

Vous aimerez ce récit si vous avez aimé…

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Infos pratiques

  • À partir de 13 ans
  • Didier jeunesse
  • 224p.
  • 15,50€
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