Dans la nuit de New York (Anna Woltz)

Dans la nuit de New York (Anna Woltz)

Résumé de l’éditeur

Je m’appelle Emilia December De Wit. J’ai quatorze ans. Je viens de tout perdre. Est-ce que l’histoire pourrie qui circule sur Internet parle de la vraie moi ? Mon histoire, ma vraie histoire, où est-elle ? Je suis la seule au monde à savoir ce que je m’apprête à faire, si j’en ai le cran, ce qui n’est pas gagné. Six mille kilomètres plus tard. L’air est glacial. New York est en fête. Je marche dans les rues. J’ai repéré le commissariat de police et me suis dirigée dans le sens opposé. Je suis libre.

Mon avis

Emilia, quatorze ans, vit à Amsterdam avec une mère artiste peintre qui ne se préoccupe pas vraiment d’elle. Elle est très fâchée contre son père qui a commis un acte terrible (nous le découvrirons au fur et à mesure du récit), ce qui les a propulsés, elle et ses parents, sous les feux des projecteurs : les insultes et menaces de mort pullulent dans la presse et les médias. Écœurée par tout ce déballage, Emilia a besoin de fuir et décide de fuguer à New York, la ville de ses rêves.

Le voyage est déjà lui-même tout un défi pour la jeune fille qui a la phobie des bactéries, qui ne supporte pas toucher les gens et qui a régulièrement des crises d’angoisse. Dès qu’elle arrive à New York, elle découvre qu’elle s’est fait arnaquer par le faux propriétaire de la chambre AirBnb qu’elle a louée. Il commence à faire nuit, elle se retrouve seule et ne peut pas louer de chambre d’hôtel car elle est mineure. Elle tombe alors sur Jim, un mec paumé qu’elle raccompagne chez lui car il s’est blessé au doigt et dort dans sa chambre miteuse. Le lendemain, Jim et elle fait vont se lier d’amitié avec Seth et Abby, deux frère et sœur au caractère bien trempé : d’un côté, Seth n’aime pas les filles et de l’autre, Abby (9 ans) déborde d’énergie et accueille à bras ouverts Emilia malgré la grogne de son frère.

Pour le moment, Seth et Abby vivent seuls car leur mère est en voyage (leur père est mort et Seth refuse d’aborder la raison). Les médias annoncent que l’ouragan Sandy (qui a réellement touché la ville de New York en 2012) va s’abattre sur la ville et qu’il est recommandé de rester calfeutré chez soi étant donné la violence de la tempête. Les 4 nouveaux amis décident alors de vivre chez Seth et Abby et sont rapidement plongés dans le noir et dans le froid à cause d’une pannée d’électricité générale.

« Donc, j’avais appris sur le toit avec mon père qu’il ne fallait pas avoir peur de l’obscurité. Mais celle qui m’entourait maintenant ressemblait trop à celle que j’avais en moi. Je pouvais tomber dans un trou noir et mourir. Sans passeport. À l’étranger. »

Le quatuor va évoluer dans un contexte difficile : le noir, le froid, l’absence de réseau pour donner des nouvelles aux proches, la nourriture et l’eau qui s’épuisent, l’impossibilité de se doucher.

« J’ai écouté un maximum de conversations, le temps que mon téléphone se recharge. Les gens qui m’entouraient n’avaient pas pris de douche de la journée, mais je n’ai pas fui car, là, enfin, je sentais que, malgré les accoutrements chics ou punks, nous partagions tous une expérience commune. Je les comprenais. Il a commencé à bruiner. Je n’avais pas envie de partir. C’était dingue. J’avais plus en commun avec ces gens qu’avec mes propres parents. Depuis quatorze ans que je vivais dans cette famille, combien de fois avais-je eu ce sentiment d’appartenance ? Combien de fois avions-nous joué dans la neige en riant, par exemple ? »

J’ai beaucoup aimé le quatuor de héros, qui sont vraiment attachants : il y a Abby qui est contagieuse avec sa joie de vivre et sa volonté de sortir son frère de la bulle dans laquelle il se réfugie depuis la mort mystérieuse de leur père ; il y a Jim, un beau jeune homme avec des idées politiques bien arrêtées, mais aussi avec des gros problèmes familiaux ; il y a Seth, le taciturne qui joue le rôle de grand frère pour Abby ; enfin, il y a Emilia, qui lutte contre ses démons familiaux et ses TOC. Ensemble, ils vont se soutenir dans leurs difficultés, même si ça fait parfois des étincelles, leur caractère bien trempé oblige.

Le +

– Plonger des jeunes héros dans le noir et le froid à cause d’une catastrophe naturelle m’a paru original.

– J’ai beaucoup aimé la force de caractère d’Emily : elle essaye d’avancer dans la vie malgré ses peurs.

– J’ai trouvé Abby très touchante dans sa volonté de faire sortir Seth de sa bulle suite au décès de son père (dont il ne se remet pas).

– Le fait de voir que dans des conditions très précaires, la course à la recharge de la batterie du GSM et à la connexion Wi-fi est prioritaire m’a paru très actuel.

– J’ai trouvé intéressant aussi de voir la pression des médias, notamment internet, autour du scandale relatif au père d’Emily.

– Outre les 4 héros, il y a aussi un 5e personnage, New York, avec ses musées, ses gratte-ciels, ses boulevards…

Le –

– La fin m’a paru trop ouverte, je suis restée sur ma faim…

Le coin de profs

Le roman ne présente aucune difficulté de lecture et intéressera les jeunes ayant soif d’aventures avec, en filigrane, quelques portes d’entrée pour débattre sur la dépendance aux téléphones portables et au harcèlement des médias.

Mots clés

Accident, amitié, entraide, famille, fugue, ouragan, solidarité,

Vous aimerez ce récit si vous avez aimé…

Pour toi je décrocherai la lune, Gregory Hugues

Infos pratiques

– À partir de 13 ans

– Bayard

– 297p.

– 14,90€

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