Four dead queens (Astrid Scholte)

Four dead queens (Astrid Scholte)

Résumé de l’éditeur

Keralie, la plus habile voleuse des quatre royaumes, vole un jour ce qu’elle n’aurait jamais dû voler. En touchant l’objet dérobé, elle voit ce qu’elle n’aurait pas dû voir : les quatre reines de Quadara ont été assassinées. Mais la jeune fille compte bien tirer profit des informations qu’elle possède en les échangeant contre une récompense au Palais… À condition d’y parvenir. De tromper Varin, le ténébreux (et séduisant) jeune Eonien auquel appartient l’objet volé. De semer Mackiel, le malfrat qui lui a tout appris avant de se retourner contre elle. Et surtout, d’arrêter le meurtrier. Une course contre la mort commence pour Keralie. Une intrigue royale dans la lignée de Game of Thrones.

Mon avis

Autrefois victime d’une sanglante guerre civile meurtrière, Quadara est un territoire finalement stabilisé suite à une répartition en quatre royaumes, également appelés quadrants : Archia, tout à l’Ouest du territoire, Éonia dans le grand Nord, Toria au Sud-ouest et Ludia au Sud-Est. À chaque quadrant correspond une spécificité : Archia, l’île agricole attachée aux valeurs traditionnelles, glorifie le travail manuel ; la glaciale Éonia, fondée sur la technologie, recherche l’harmonie au sein de la communauté ; Toria, une zone côtière tournée vers les échanges commerciaux, magnifie la curiosité et enfin, la joyeuse Ludia a érigé le divertissement en art de vivre.

C’est avec vaillance que les souveraines Iris, Corra, Marguerite et Stessa dirigent leur fief respectif, tout en veillant scrupuleusement au respect des « Lois des Reines ». Au nombre de quinze, celles-ci sont destinées à garantir la pérennité de ce mode de gouvernance, ainsi que la cohésion entre les peuples, mais en réalité elles brident fameusement la vie des Reines. Par exemple, elles ne peuvent pas par exemple connaître l’amour ou leur fille élevée loin d’elle, elles ne peuvent pas non plus quitter le palais.

Tout cela est valable en théorie car tout n’est pas aussi carré que sur le papier. Si on examine la réalité de près, on se rend vite compte que les quadrants ont les défauts de leurs qualités. Archia estime louable de jalousement protéger ses ressources naturelles, Éonia de développer le progrès technique pour ne le partager qu’avec parcimonie, Toria encourage certes la curiosité et le goût de l’exploration avec pour revers de la médaille d’attiser la convoitise et l’avidité, enfin l’immaturité caractérise les insouciants Ludistes.

Par ailleurs, si dans une nation déjà morcelée tout est cloisonné et verrouillé, les hauts murs qui séparent les quatre royaumes risquent de les asphyxier. C’est surtout au royaume de Toria que le bât blesse. Ici, une zone de non-droit dénommée « La Jetée » y a prospéré ; Mackiel y possède même sa Maison des ventes où il écoule le fruit des larcins perpétrés par ses « plongeurs », des brigands qu’il a façonnés, passés maîtres dans l’art de dépouiller le chaland. Parmi eux excelle Keralie, l’héroïne et la narratrice, une voleuse surdouée qui vit grâce à son talent.

Volontiers agaçante, Keralie semble éprouver un malin plaisir à se montrer plus finaude que tout le monde. Tour à tour capricieuse et égoïste, elle est prête à tout pour arriver à ses fins. Sa forte personnalité l’aidera tout de même à démêler la situation qu’elle vit au début de l’histoire car elle va par inadvertance découvrir que les 4 Reines de Quadara vont être assassinées et elle va essayer de dénouer un obscur complot pour renverser les souveraines. Dès qu’elle en a vent, Keralie s’engage dans une course contre la mort d’autant qu’elle a un intérêt personnel à le faire. En effet, elle a des vieux comptes à régler avec son passé. Dans son élan, elle doit relever un autre défi assez ardu: dégeler le cœur d’un jeune et séduisant Éoniste, qui appartient à un peuple habitué à brider toute forme d’émotion et qui est sur ce coup son allié, même si ce n’était pas le cas au début.

Dans ce récit, on alterne les passages à la 1ère personne en compagnie de Keralie, mais aussi à la 3e personne en compagnie des quatre reines chacune à leur tour. Cela permet non seulement de mieux comprendre ces dernières, d’étoffer leur univers et ses nombreuses inégalités sociales, mais aussi de rendre celles-ci attachantes aux lecteurs en augmentant le suspense face au déroulement inéluctable de l’intrigue et le meurtre de chacune d’entre elles.

Autant j’ai été happée par la mise en place de l’intrigue et l’univers de Quadara, autant j’ai subi l’enquête, qui m’a semblé trainer en longueur car on comprend vite que les 4 Reines vont être réellement assassinées. On poursuit alors la lecture juste pour comprendre la raison de tels actes.

Le +

Il est intéressant de lire le fruit des décisions prises après une guerre pour tenter de maintenir la paix et de voir les effets de la division d’un Royaume en 4 parties avec des lois très strictes pour les Reines et les habitants des Royaumes. On maintient la paix comme on peut, par essais et erreurs, la réaction du peuple n’est pas une science exacte…

Le –

  • Il faut attendre plus de la moitié du roman pour comprendre comment les événements s’enchaînent et dans quel ordre. C’est assez long…
  • Lorsqu’on est amené à lire tour à tour le point de vue de chaque Reine, il y a quelques répétitions.
  • Je ne suis pas emballée par la fin, qui me paraît assez convenue.

Le coin des profs

Le récit nécessite une bonne expérience de lecture pour éviter le découragement face à la complexité narrative et la longueur du récit, mais il offre un chouette moment de distraction et permet d’aborder la façon d’organiser la paix sur un territoire après une guerre, mais aussi la question de la liberté.

Niveau de lecture

Avancé

Genre

Fantasy

Mots clés

Amour, assassinat, complot, éducation, liberté, lien de sang, maintien de la paix, reines, royaumes, séparation, survie, vol

Vous aimerez ce récit si vous avez aimé…

La passe-miroir, Christelle Dabos

Infos pratiques

  • À partir de 13 ans
  • Casterman
  • 570p.
  • 18,95€
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