La tempête des échos. Tome 4 de « La passe-miroir » (Christelle Dabos)

La tempête des échos. Tome 4 de « La passe-miroir » (Christelle Dabos)

Résumé de l’éditeur

Les effondrements se multiplient, de plus en plus impressionnants : Babel, le Pôle, Anima… aucune arche n’est épargnée. Pour éviter l’anéantissement total il faut trouver le responsable. Trouver l’Autre. Mais comment faire sans même savoir à quoi il ressemble ? Plus unis que jamais, Ophélie et Thorn s’engagent sur des chemins inconnus où les échos du passé et du présent les mèneront vers la clef de toutes les énigmes.

Mon avis

Je n’ai pas chroniqué les 3 premiers tomes de la saga La passe-miroir car je les ai découverts sur le tard, mais voici mon point de vue très rapide sur ceux-ci : j’ai eu quelques difficultés à entrer dans le 1er tome car les 200 premières pages traînaient en longueur, puis j’ai été happée par cette histoire de mariage arrangé entre 2 personnes que tout oppose. J’ai adoré le 2e tome qui est vraiment très bien écrit et est caractérisé par un rythme haletant. Dans le 3e tome, on a rebasculé dans des longueurs de 200 pages au début du récit, mais l’action est repartie de plus belle par la suite. J’attendais avec impatience de dernier volet pour connaître le dénouement de l’histoire…

Je ne vais pas ici vous faire un résumé des 3 premiers tomes, ce serait trop long et fastidieux, je vais directement évoquer le contenu du 4e tome. J’espère que ma chronique vous donnera envie de connaître le début et la fin de l’histoire !

Dans ce quatrième tome, nous retrouvons Ophélie et Thorn ensemble, alors que les effondrements des arches, qu’elles soient mineures ou non, ont commencé. Alors que la population pense qu’il ne s’agit là que de catastrophes naturelles, nos héros, eux, connaissent la vérité. Ils savent qu’il n’en est rien et que ce n’est que le début d’une catastrophe qui s’annonce. Seulement, ils ne peuvent se confier et s’allier à personne. En qui peuvent-ils réellement avoir confiance ? Les ennemis sont susceptibles d’être n’importe qui et n’importe où. Désormais, ils doivent mener l’enquête et découvrir ce qui lie Eulalie Dilleux (un personnage qui était autrefois une simple petite romancière et qui, à présent, se fait appeler « Dieu ») à l’Autre, dont la réelle identité demeure encore un mystère. Ils doivent également trouver le moyen d’arrêter les glissements de terrain. Le monde tel qu’ils l’ont toujours connu tombe en effet en miettes petit à petit et à cause de cela, des innocents perdent la vie. Alors que Thorn part de son côté puisqu’une nouvelle mission lui a été confiée par les Généalogistes (un couple redoutable dont les vraies intentions sont cachées), Ophélie, elle, voit ses recherches la mener droit vers l’Observatoire des déviations, qu’elle va intégrer de son plein gré en tant que sujet d’expertise. Elle souffre d’une malformation qui fait d’elle une inversée et cette particularité intéresse fortement certains scientifiques.

Néanmoins, une fois là-bas, rien ne va se passer comme prévu et Ophélie qui pensait garder le contrôle va voir la situation lui échapper complètement. Comme à chaque fois, nous retrouvons une héroïne qui ne cesse de grandir et de gagner en maturité. Elle évolue encore et là, rien ni personne ne pourra la détourner du chemin qu’elle s’est tracé. Elle veut connaître la vérité et rétablir la justice en faisant tomber Dieu et l’Autre de leur piédestal et pour cela, elle est prête à tout. Fidèle et courageuse, cette jeune femme discrète et maladroite ne va pas avoir peur d’enfoncer les portes pour avancer. Heureusement, dans sa nouvelle quête, elle pourra compter sur son mari. Leur relation a passé un cap et c’est ensemble qu’ils ont décidé d’affronter les futures épreuves qui vont leur tomber dessus. Thorn est moins renfermé et, même s’il n’est pas totalement à l’aise auprès de sa femme, il est loin du personnage détestable que l’on a rencontré dans le premier tome. Le couple qu’ils forment a beau être atypique, il n’en reste pas moins touchant.

« Thorn baissa vers Ophélie son grand nez, qui portait l’empreinte de ses doigts, pour la considérer avec le plus grand sérieux.

– Si à un moment quelque chose ne te convient pas… un geste que j’ai, un mot que je n’ai pas… tu dois me le dire. Je ne veux pas avoir à me demander pourquoi je n’arrive pas à rendre ma femme heureuse.

Ophélie se mordit l’intérieur de la joue. La vérité, c’était qu’ils se situaient désormais tous les deux en terre inconnue.

– Je suis déjà heureuse. Un peu plus que cela, même.

Les lèvres sévères de Thorn furent parcourues d’un frémissement. Il se pencha sur elle, résolument cette fois, mais l’articulation de son armature de jambe se bloqua, le figeant en plein élan. Il en fut si exaspéré qu’Ophélie ne put contenir son rire plus longtemps. »

Concernant les autres personnages des tomes précédents (Ambroise, Blasius, le professeur Wolf, Octavio, lady Septima, Mediana, Pollux et Hélène…), ils apparaissent à peine et c’est assez décevant.

Je préfère ne pas en dire plus au lecteur sur l’histoire afin de ne pas la spoiler. Je pense qu’il est tout de même intéressant de mentionner que ce quatrième tome est le plus complexe de tous et que j’ai été parfois perdue dans les détails techniques. Je me demandais où j’allais, des détails échappaient à ma compréhension. Mais les derniers chapitres, qui donnent enfin des explications à toutes mes questions, m’ont convaincue tant ils étaient ingénieux et bien ficelés.

Depuis le tome 1, on connaît le talent de l’autrice pour créer un univers riche et foisonnant, surprenant à de nombreux égards. Depuis le tome 3, on comprend que l’intrigue se déploie comme rarement dans un roman de fantasy. Cette saga est déstabilisante, car elle repose sur des ressorts totalement différents de ceux des autres romans fantasy. Tout est surprenant et c’est vraiment intéressant. Christelle Dabos maîtrise son univers, elle le façonne d’un bout à l’autre avec intelligence et cohérence. Me plonger dans cette saga était une belle aventure !

Le +

  • Christelle Dabos a construit un univers indéniablement riche et foisonnant. Son style est ciselé et la fin est surprenante.
  • J’ai beaucoup aimé sentir que Thorn et Ophélie gardaient leurs maladresses, mais que leur lien était renforcé dans leur quête commune. Ce sont des personnages justes et authentiques.

Le –

  • Les personnages secondaires auxquels on s’est attaché dans les tomes précédents sont très peu présents dans le tome 4. C’est un peu dommage…
  • La fin ouverte m’a laissée sur ma faim, mais j’ai imaginé la suite dans ma tête, donc tout va bien…
  • Je suis fort interpellée par les proportions que prend la fin de cette saga : l’éditeur de l’autrice lui a demandé de supprimer certains de ses courriels et de lui donner les dernières épreuves en main propre, les lecteurs scandalisés par la fin ont forcé Christelle Dabos à désactiver sa page Facebook et mettre en pause son blog. Où va-t-on ? La liberté de l’auteur reste à l’auteur et ce n’est qu’une histoire. Voir autant de lecteurs se mettre dans des états extrêmes pour une histoire est inquiétant à mon sens…

Le coin des profs

Cette lecture est plutôt à conseiller à de très bons lecteurs, surtout le tome 4 à cause de sa technicité. Mais il offre un moment indéniable de lecture agréable si on se laisse porter par l’histoire.

Niveau de lecture

Avancé

Genre

Fantasy

Mots clés

Amnésie, amitié, amour, arches, destruction, Dieu, différents mondes, méfiance, origine du monde, pouvoir, quête de vérité, sciences, trahison

Vous aimerez ce récit si vous avez aimé…

Bilbo le hobbit, J. R. R. Tolkien

Infos pratiques

  • À partir de 15 ans
  • Gallimard jeunesse
  • 565p.
  • 19,90€
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