Le mur des apparences (Gwladys Constant)

Le mur des apparences (Gwladys Constant)

Résumé de l’éditeur

Justine, lycéenne, est la cible d’attaques quotidiennes de la part de certains camarades qu’elle appelle les hyènes. À leur tête, la magnifique Margot, riche, populaire, enviable, et cela depuis l’école primaire. Pourtant un matin, Margot ne vient pas en cours. La classe apprend alors son suicide. Pour Justine, c’est un choc : pourquoi en finir avec la vie quand on a tout ? En menant l’enquête, elle va découvrir les fausses amitiés, les manipulations, les pactes secrets… et même pire. Le mur des apparences va exploser.

 

Mon avis

Justine est victime de harcèlement : elle est la cible d’attaques et de moqueries de la part de ses autres camarades (notamment en raison d’un léger surpoids). Repliée sur elle-même, sans ami, elle se jette à cœur perdu dans ses cours pour obtenir de bonnes notes et vit ses journées à parer les attaques des « hyènes » à l’école. Tout est fait pour qu’elle mette fin à ses jours. Pourtant, ce n’est pas elle qui va le faire, mais Margot, la fille la plus populaire du lycée.

Justine ne peut s’empêcher d’admirer et d’envier Margot. Elle est si bien maquillée, si bien habillée, si populaire, si riche. Elle a bien du mal à accepter l’idée que des personnes soient privilégiées de naissance par l’argent, par le physique ou par la beauté.

« Je regardais, l’air de rien, ses mains, sa manière d’écrire, de tenir le stylo, les bagues scintillantes qu’elle avait aux doigts. Je regardais ces mêmes doigts fins attraper le Blanco dans sa trousse, puis replacer le bracelet doré a son poignet délicat. Je regardais ses ongles, parfaitement manucurés, parfaitement vernis – elle s’était fait faire une french. Je regardais cette perfection de mains de fille et je pensais que l’argent qui servait sa beauté était là, jusque dans ses ongles. »

Alors que ses camarades tentent tant bien que mal de se remettre du suicide de leur jeune amie, Justine, elle, n’en dort plus. Connaître la vérité devient une obsession pour elle (« Son absence harcelait de questions ma présence »). Elle décide d’enquêter afin de comprendre ce geste qui lui semble totalement incompréhensible. Se faisant passer pour l’amie secrète de Margot, elle lui vole ses carnets intimes, apprend les secrets des uns et des autres et commence petit à petit à changer. Ces carnets deviennent en effet des armes qui vont lui permettre de se protéger des hyènes et de s’intégrer différemment.

Le mur des apparences est un roman très réaliste où chaque nouvelle page permet d’en apprendre un peu plus sur les autres et sur soi. Il s’attache à détruire les murs de l’apparence que chacun tente d’ériger autour de soi afin de mieux montrer que les souffrances et les secrets existent dans toutes les catégories sociales et peuvent être partagés.

Les personnages secondaires apportent aussi leur lot d’intérêt dans le récit. Il y a Ludmilla, la petite sœur de Margot, qui est adorable, mais se pose des questions sur la mort de sa sœur (ses parents lui ont dit qu’elle s’était endormie pour toujours). J’ai beaucoup aimé son lien avec Justine. Il y a Jordan, l’ex-petit ami de Margot, qui se montre mordant et cynique. On comprend pourquoi en découvrant son secret. Il y a aussi Jessica, qui s’avère loin d’être celle que l’on pense et se montre plus sensible qu’au premier abord. Enfin, j’ai adoré les « lionnes » et leur franc-parler. Ce sont peut-être les seules qui se montrent vraiment honnêtes et humaines envers Justine.

À travers le personnage de Justine et tous les autres, l’auteure nous fait passer un message fort : apprenez à regarder au-delà des apparences. Derrière le masque, il y a toujours quelqu’un qui nous ressemble. Nous avons tous une part commune d’humanité.

Le mur des apparences est dans la sélection des livres pour le Prix Farniente 2020. Affaire à suivre!

 

Le +

  • Aborder le thème des apparences et apprendre à aller au-delà me paraît essentiel pour les jeunes.
  • Le récit aborde des thèmes durs, mais justes.

 

Le –

  • Justine est tellement pleine d’aigreur et de rancune qu’elle n’a aucun état d’âme, aucun scrupule. Elle ne recule devant rien pour assouvir sa soif de savoir. Il y a quelque chose de malsain dans son comportement, à tenter de tirer profit des récits d’une disparue (« Margot était une morte très utile »). Cet aspect m’a dérangée.
  • Le langage oral des lionnes était parfois un peu stéréotypé.

 

Le coin des profs

  • Le roman est intéressant, mais je ne le mettrais pas entre n’importe quelles mains. La question du harcèlement, du suicide, de l’inceste et de la vengeance sont délicats à aborder en classe.

 

Mots clés

Apparences, amitié, harcèlement, (homo) sexualité, inceste, secrets, stéréotypes, suicide, vengeance

 

Vous aimerez ce récit si vous avez aimé…

Ma tante est un cachalot, Anne Provost

 

Infos pratiques

  • À partir de 13 ans
  • Rouergue
  • 155p.
  • 12,50€
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