Ranee Tara Sonia Chantal Anna (Mitali Perkins)

Ranee Tara Sonia Chantal Anna (Mitali Perkins)

Résumé de l’éditeur

Des années 1960 aux années 2000, cinq femmes cherchent leur propre voie, entre leur culture indienne et le rêve américain auquel elles aspirent.

Ranee migre avec sa famille du Bengale à New York pour une vie meilleure.

Tara, sa première fille, est admirée par tous, mais se sent obligée de jouer un rôle pour continuer à être aimée.

Sonia, sa cadette, rebelle et engagée, provoque un véritable séisme au sein de la famille lorsqu’elle tombe amoureuse.

Chantal, la fille de Sonia, talentueuse danseuse et athlète, est prise dans une lutte entre ses deux grands-mères et ses origines.

Anna, enfin, reproche à sa mère, Tara, de l’avoir forcée à quitter l’Inde pour les États-Unis et doit trouver sa place à New York.

Le fragile équilibre que les femmes de la famille Das peinent à trouver est chaque jour menacé par des blessures qui mettront des générations à cicatriser…

Mon avis

Ce titre fait référence aux cinq héroïnes, de trois générations différentes, que nous allons découvrir tout au long du récit et qui tentent chacune à leur façon d’intégrer deux pays, deux cultures, faisant au cours de leur vie respective des allers-retours entre ces deux pays, l’Inde et les États-Unis.

L’histoire se déroule à partir des années 1965 pour se terminer en 2006, se divisant en trois grandes périodes :

1) Étrangers / 1973-1974,

2) Voyageurs / 1976-1981

3) Intégrés / 1998-2006.

Dans la 1ère partie, on découvre la vie de Ranee mariée à Rajeev à 18 ans suite à un arrangement familial. Ils ont deux filles Tara et Sonia, nées en Inde. Ils se sont installés à Londres quand Tara avait neuf ans. Tara, alias Starry, est l’aînée et est admirée par tous, elle se sent obligée de jouer un rôle pour se sentir aimée et sa passion pour le théâtre puis le cinéma américain ne se démentira jamais. Sonia, alias Sunny, elle, a besoin de deux choses seulement pour se sentir chez elle n’importe où : les livres et son cahier qui lui sert de journal intime. Ils vont quitter Londres pour New York, alors que Tara a 17 ans et Sonia 15 ans.

Même si Ma, la maman, se plaint et veut sans cesse le meilleur pour sa famille, elle ne veut à aucun prix retourner au Bangladesh où est né son mari et devoir vivre sous la coupe de sa belle-famille. Elle n’y retournera pas même au décès de son mari. C’est donc cette famille et principalement les femmes, celles déjà citées, auxquelles s’ajouteront Chantal, la fille de Sonia, et Anna, la fille de Tara, que Mitali Perkins nous fait rencontrer dans ce roman. Elles vivent des aventures déjantées et rythmées qui nous font découvrir ces femmes à la recherche de leur propre voie, souvent tiraillées entre leur culture indienne et le fameux rêve américain auquel elles aspirent.

J’ai apprécié cette immersion dans la culture indienne que l’autrice, elle-même originaire de Calcutta en Inde, a su faire renaître dans cette saga, n’hésitant pas à utiliser les termes bengalis pour nommer les différents vêtements ou aliments. J’ai ainsi appris quelques coutumes indiennes et imaginé avec plaisir les nombreux saris et salwars que portent les personnages du roman.

Mitali Perkins n’omet pas les tensions raciales qui malheureusement font partie de la vie américaine et du fragile équilibre que ces femmes vont devoir tenter de trouver pour s’affranchir et pour vivre pleinement. J’ai été admirative de la volonté qu’elles déploient pour y parvenir et intéressée par leur implication dans les engagements et projets qu’elles soutiennent, comme ceux de Tara pour la défense des droits des femmes ou ceux de Sonia pour l’égalité des sexes.

Ce récit nous entraîne dans un tourbillon de vie un peu décoiffant car toutes ces héroïnes sont différentes, font preuve de beaucoup de caractère et d’imagination et outre le féminisme et l’égalité des sexes, nous confrontent aussi au deuil, aux rituels selon le mode bengali, à la religion, ainsi qu’au pouvoir des mots, des livres et à bien d’autres sujets encore.

Les cinq protagonistes (narratrices à tour de rôle) sont présentées à travers des portraits très typés et différents, dont le fil rouge est l’intégration aux USA. La narration est assez linéaire et parcourue d’un certain nombre d’ellipses, où le lecteur observe la vie familiale de ses différents membres. Le parcours de ces femmes est n’est pas facile et chaque expérience vécue apporte un petit plus à toute la famille.

Le +

Aborder le mélange du rêve américain à la culture indienne est assez intéressant et rarement exploité en littérature de jeunesse.

Le –

  • Je suis restée sur ma faim concernant les protagonistes car j’aurais voulu des portraits plus étoffés, plus denses et connaître un peu mieux ces femmes.
  • La troisième partie m’a moins intéressée car je m’étais attachée à Sonia et Tara et les grands-mères m’ont un peu agacée, on bascule un peu plus dans les stéréotypes avec elles.

Le coin des profs

Le récit ne présente pas de difficulté de lecture hormis l’arbre généalogique avec lequel il faut s’y retrouver. Il présente une belle porte d’entrée pour aborder les différences culturelles, le rêve américain, les mariages traditionnels et mixtes.

Niveau de lecture

Intermédiaire

Genre

Récit réaliste

Mots clés

Amérique, amour, famille, lignée, héritage, Inde, mariages arrangés/ traditionnels, mariages mixtes, religion, traditions, racines, rêve américain

Vous aimerez ce récit si vous avez aimé…

De l’autre côté du pont, Padma Venkatraman

Infos pratiques

  • À partir de 15 ans
  • Bayard
  • 329p.
  • 14,95€
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