À quoi rêvent les étoiles (Manon Fargetton)

À quoi rêvent les étoiles (Manon Fargetton)

Résumé de l’éditeur

Ils sont cinq. Titouan reste cloîtré dans sa chambre, Alix ne pense qu’au théâtre, Luce est inconsolable depuis la mort de son mari, Gabrielle est incapable de s’engager de peur de perdre sa liberté tandis qu’Armand se consacre exclusivement à sa fille. Cinq personnages en quête de sens dont les destins s’entrelacent.

Mon avis

Le récit est construit comme une pièce de théâtre et nous invite à assister au déroulement d’une histoire très touchante écrite en V actes avec un entracte à chaque volet. On y retrouve cinq personnages appelés Titouan, Luce, Armand, Alix et Gabrielle. Ils ont chacun des questions existentielles et souffrent chacun à leur manière de solitude.

Tout commence par un lever de rideau qui annonce des rencontres entre les personnages qui vont se connecter au quotidien ou par le fruit du hasard. Ils vont se découvrir une nouvelle attache l’un envers l’autre, qui va les aider à se battre pour un avenir meilleur. Nous avons d’abord Titouan, un jeune adolescent passionné de jeux vidéo. Son quotidien consister à jouer sur internet avec Lix. Un « chat » en ligne les rend très complices, mais ils ne connaissent que le son de leur voix. Du jour au lendemain, Titouan décide de ne plus retourner au lycée au grand dam de ses parents. Il préfère le confort de sa chambre au lycée, mais le hasard en décide autrement et va mettre sur sa route une inconnue qui va lui envoyer un message d’amour sur son portable. Il mène alors une enquête pour savoir qui est cette inconnue prénommée Luce et qui lance un appel à Lucien. Il apprend que le numéro de portable de cet homme décédé il y a quelques mois lui a été réattribué…

De son côté, Luce vit seule depuis le décès de son mari Lucien il y a quelques années. Son existence se partage entre des souvenirs agréables et une réalité bien morose. C’est une vieille femme qui ne se soucie presque plus de sa personne. Elle poursuit sa vie en retrait, totalement décalée du monde qui l’entoure. Le temps s’est arrêté depuis la perte de son bien-aimé. Sortir de la maison pour une promenade ou faire les courses sont devenus un calvaire pour elle. Dans un moment de détresse, elle envoie un SMS à son mari et c’est Titouan qui lui répond…

Ensuite, nous avons Armand, un homme qui élève sa fille Alix avec beaucoup d’amour. Depuis le départ soudain de sa femme, il devient son seul tuteur et tient à son bien-être au point d’oublier qu’elle est devenue une jeune fille. C’est un père qui ne vit que pour sa fille et oublie ses propres besoins. Il aime son travail, fréquente une jolie femme mais sans plus. Son seul point d’attache est Gabrielle, une amie avec qui il entretient une relation assez ambivalente. Tout bascule entre ce père protecteur et sa fille lorsque celui-ci pose un acte qui représente un point de non-retour pour elle. Elle prend alors la fuite chez sa mère, le temps de voyager à Paris après son diplôme.

Vous l’aurez deviné, nous lisons aussi l’histoire d’Alix, une jeune lycéenne passionnée de théâtre et dont l’exigeant professeur est Gabrielle. À son grand désespoir, son père Armand est toujours sur son dos, cela commence à devenir étouffant à la longue, mais une bonne partie de jeux théâtraux en compagnie de Titouan lui fait oublier son agacement. C’est amusant aussi de lui faire croire qu’il joue en ligne avec un garçon. Mais la souffrance d’Alix est grande à cause de l’absence quasi totale de sa mère. Celle-ci cache sûrement un lourd secret. Ces retrouvailles suite à sa fugue vont-elles les rapprocher ?

Enfin, il y a Gabrielle dans cette histoire, la professeure de théâtre d’Alix et l’amie d’Armand (si vous suivez toujours). Elle s’emploie à transmettre à ses élèves des cours rigoureux pour les aider à progresser en tant que comédiens. Aucun retard ou dérangement n’est accepté à son cours. Elle est le mentor d’Alix, qui l’adule littéralement depuis son enfance. Mais derrière son air abrupt se cache un passé assez douloureux, qui se manifeste dans ses brusques évasions face à un éventuel engagement ou un geste tendre.

À quoi rêvent les étoiles est un récit très touchant, empli d’émotions, qui fait part de nombreux questionnements sur des sujets variés à travers plusieurs histoires qui s’entremêlent. J’ai beaucoup aimé l’imbrication presque logique de cette histoire. Nous suivons individuellement chacun des personnages, qui forment finalement une chaîne humaine, puisque leurs histoires font écho les unes aux autres ou du moins rejoignent l’histoire des autres personnages.

L’autrice met en avant l’importance des liens humains, du contact et de l’interaction, qui ont des impacts évidents dans la vie de chacun. Chaque personnage est différent, tant par son caractère, son âge, sa manière d’aborder la vie avec une vision totalement opposée. Le seul lien qui les unit est leur profonde solitude, qui se caractérise par un sentiment de mal-être intérieur et les coupe peu à peu du monde. C’est avec une écriture pleine d’espoir et d’optimisme que Manon Fargetton aborde cette thématique douloureuse, qui touche bien plus de monde qu’il n’y paraît. Un récit poétique, intime et plein d’espoir, qui nous fait prendre conscience de l’importance des liens qui nous unissent aux autres. Un roman coup de cœur !

« Accroche toi à tes rêves et fonce. Ne lâche pas. Remonte mille fois la montagne s’il le faut, puisque tu es si sûre que c’est de l’autre côté que tu dois aller. Peut-être que ce sera derrière la montagne qui se trouve derrière la montagne. Qu’importe. Ne lâche pas, c’est là-bas que poussent tes rêves, sur le fil de l’horizon. Tu as peur ? Alors crie, hurle, chante à tue-tête. Va chercher cette gorgée d’air qui te manque. Ce feu qui te dévore, qui court dans tes veines, tu le sens ? Cette énergie qui couve en toi, cette impatience dans chacun de tes gestes ? Bien sûr que tu le sens. Accepte ce feu. Fais-en ton moteur. »

Le +

  • La présentation de l’histoire en V actes et les vies entremêlées sont originales et bien pensées.
  • Les personnages sont très touchants.

Le –

La fin de l’histoire se termine très bien, comme si tout s’imbriquait logiquement. C’est un peu forcé, mais j’avoue que ça fait du bien.

Le coin des profs

Le récit ne présente pas de difficultés de lecture et est une bonne porte d’entrée pour aborder la solitude sous toutes ses formes et la difficulté de prendre en main sa propre vie.

Niveau de lecture

Intermédiaire

Genre

Récit réaliste

Mots clés

Amitié, amour, avenir, aviation, deuil, dépression, famille, isolement, jeux vidéo, lien, peur, protection, relations parents-enfants, solitude, théâtre

Vous aimerez ce récit si vous avez aimé…

Si loin de l’arbre, Robin Benway

Infos pratiques

  • À partir de 15 ans
  • Gallimard jeunesse
  • 389p.
  • 17€
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