La voix des ombres (Frances Hardinge)

La voix des ombres (Frances Hardinge)

Résumé de l’éditeur

Dans l’Angleterre du XVIIe siècle, l’esprit des morts se réfugie parfois dans le corps des vivants. La jeune Makepeace est envahie par l’un de ces fantômes et s’aperçoit que la colère qu’il transporte avec lui lui permet d’affronter la famille de son père.

Mon avis

Depuis toute petite, Makepeace possède un don un peu spécial que sa mère lui force à apprendre à affronter : son esprit peut accueillir celui de fantômes. Ce don suscite certaines convoitises par des personnages avides de pouvoir et Makepeace va devenir très vulnérable après la mort de sa mère, qui ne la protégera plus.

Au début du récit, Makepeace mène une vie routinière dans une petite ville de campagne, dans l’Angleterre du XVIIe siècle. Sa vie n’est cependant pas très paisible, car elle est régulièrement visitée par des fantômes, ce qui la terrifie. Pour l’aider à maîtriser son don, sa mère l’enferme régulièrement dans un lugubre grenier sans lui expliquer la nature de son don. Makepeace réagit très mal à cette façon violente de la forcer à apprivoiser ce dernier, tout comme elle peine de plus en plus à se retenir de poser des questions sur son mystérieux géniteur.

Un jour, deux drames surviennent : Makepeace, à proximité d’un ours battu à mort par ses dompteurs, reçoit l’esprit de l’animal et sa mère meurt, prise dans un mouvement de foule dans la ville proche. Makepeace, affolée par ce deuil comme par cette cohabitation forcée avec un ours enragé, s’enfuit. Elle se fait engager comme servante auprès des Fellmotte, sa famille paternelle composée d’aristocrates d’où s’est enfuie sa mère par le passé. Mais en faisant cela, elle se jette aussi dans la gueule du loup…

Makepace s’efforce de survivre et d’échapper aux fantômes, ceux qui la hantent comme ceux qui la poursuivent, puis elle s’affirme peu à peu et apprend à vivre avec eux. Partager son enveloppe corporelle avec un ou plusieurs esprits n’est pas une tâche aisée car ils se permettent d’émettre des commentaires sur ses actions ou de contrôler ses gestes. Elle va cependant arriver à mettre en place une cohabitation harmonieuse avec les esprits qui l’habitent.

J’ai bien aimé suivre le chemin de l’héroïne qui avance par tâtonnements pour comprendre son don, choisir les fantômes qui vont l’habiter et qui gagne en maturité au fur et à mesure qu’elle traverse des épreuves. Sa détermination à s’échapper du domaine des Fellmote m’a bien plu aussi : elle sait ce qu’elle veut et arrive à ses fins, tout en étant ballotée par des enjeux historiques qui la dépassent.

La voix des ombres est à la fois un récit initiatique et fantastique plaisant à lire, c’est une histoire de fantômes qui sort des sentiers battus.

Le +

  • J’ai bien aimé la façon dont Makepeace accueille ses hôtes, leur façon de s’apprivoiser l’un l’autre tout au long de l’histoire est assez touchante.
  • La période historique évoquée en toile de fond m’a paru intéressante (on fait un peu d’histoire sans s’en rendre compte).

Le –

  • Le roman est un pavé et l’action avance l’entement. J’ai trouvé le récit assez lent, il manquait de tension dramatique.
  • Certains lecteurs m’ont dit trouver certains passages violents, mais cela ne m’a pas choquée.

Le coin des profs

Il n’y a pas grand-chose à exploiter d’un point de vue pédagogique, à part les faits qui ont touché l’Angleterre au XVIIe siècle. C’est juste un roman de fantômes plaisant à lire.

Niveau de lecture

Intermédiaire

Genre

Récit de fantômes et roman initiatique

Mots clés

Angleterre, apprentissage, emprise, famille, fantôme, fuite, solitude

Vous aimerez ce récit si vous avez aimé…

À la croisée des mondes, Philip Pullman

Infos pratiques

  • À partir de 15 ans
  • Gallimard jeunesse
  • 496p.
  • 16,90€
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