Moxie (Jennifer Mathieu)

Moxie (Jennifer Mathieu)

Résumé de l’éditeur

Moxie : désigne le caractère audacieux d’une personne prête à défendre ses convictions envers et contre tous.

Vivian Carter, 16 ans, en a marre. Marre que l’équipe de foot de son lycée se croie tout permis. Marre qu’on impose des règles vestimentaires aux filles, mais jamais aux garçons. Marre du sexisme dans les couloirs du bahut et des profs qui ferment les yeux. Plus que tout, Vivian en a marre qu’on lui dise qui elle doit être. Vivian Carter dit STOP.

Et si toutes les filles se rassemblaient pour qu’enfin sonne l’heure de la révolution ?

LES MOXIE GIRLS CONTRE-ATTAQUENT !

Mon avis

De prime abord, quand on lit le résumé du livre, on a l’impression qu’on va avoir affaire à un roman archi-féministe, mais il n’en est rien. Vivian est une jeune fille discrète qui n’aime pas spécialement se faire remarquer. Elle se préoccupe de son avenir, se demande dans quelle université elle va aller, elle ne renie pas les garçons et tombe d’ailleurs amoureuse. Elle représente l’image d’une jeune fille plutôt sage et obéissante, ce qui est d’ailleurs parfois difficile à supporter pour elle. On ne suit donc pas une héroïne enragée qui serait loin de la réalité, mais une adolescente qui essaie de trouver sa juste place dans la société en ne se laissant pas faire. Il faut dire qu’elle a de qui tenir. Dans sa jeunesse, sa mère était une fan des Riot Grrrls, un groupe de musique féministe des années 90. Le questionnement de Vivian vis-à-vis du sexisme et ses invitations à faire entendre la voix des filles sont assez progressifs. Elle n’est en effet pas spécialement féministe au début du récit, même si elle considère que ce qu’il se passe dans son lycée n’est pas normal.

Au lycée, Mitchell Wilson et sa bande de copains se croient tout permis avec les filles et ils ne sont jamais punis car le père de Wilson est le proviseur. Tripoter les filles, les humilier en leur disant d’aller faire la vaisselle, les classer de la plus belle à la plus moche, voilà le quotidien des filles au lycée d’East Rockport au Texas.

« Après encore quelques gloussements, Mitchell et son troupeau se lassent et se calment. Toute la classe se soumet et commence les exercices demandés. Ma tête se penche vers les mots métaphores et anacoluthes, mais c’est Lucy que je regarde. Ça me désole de la voir pétrifiée sur son livre encore fermé, comme si on venait de la gifler. Elle tente de maîtriser sa respiration. Elle se retient clairement de pleurer. Quand la cloche sonne enfin, je rassemble mes affaires et je me rue dehors aussi vite que possible. Lucy n’a pas quitté sa chaise. La tête baissée, elle range son sac. »

Cela va même plus loin puisque tout l’argent de l’établissement part dans le fonctionnement de l’équipe de foot masculine. Pour l’équipe féminine, c’est une autre paire de manche. Vivian va tenter de prendre les choses en main en publiant secrètement un fanzine où elle dénonce ces agissements et propose différentes actions pour faire entendre la voix des Moxie Girls.

« Moxie » est un terme qui désigne le caractère audacieux d’une personne prête à défendre ses convictions envers et contre tous. Les actions que Vivian propose sont simples et concrètes. Elle va d’abord commencer avec une invitation à se dessiner des cœurs et des étoiles sur les mains, juste pour que les filles en accord avec ce mouvement naissant se reconnaissent. Il y a aura également des ventes de gâteaux pour mettre de l’argent dans les caisses de l’équipe de foot féminine ou encore une dénonciation discrète des garçons qui se comportent comme des porcs dans le lycée. En somme, des actions à la hauteur de ses moyens et qui correspondent tout à fait à son âge et son quotidien. Ce ne sera d’ailleurs pas de tout repos puisque chacune de ces actions sera contrée par le proviseur qui se montrera de plus en plus répressif, même si le groupe des Moxie girls prend de plus en plus d’ampleur.

Vivian se rend compte que se voiler la face et se laisser faire en baissant la tête pour espérer ne pas être visée par la prochaine blague obscène n’est pas la solution. Ce roman n’est pas extrême et est bien ancré dans la réalité de notre société. Il montre que par de petites actions, on peut obtenir de grands résultats, que la solidarité entre filles est primordiale. Il souligne également très bien qu’être féministe ne veut pas dire critiquer tous les garçons et que le sexe masculin peut également se revendiquer féministe. En bref, c’est un roman intéressant pour toutes celles et ceux qui souhaiteraient comprendre ce qu’est le féminisme en s’éloignant de la violence qui nous est parfois montrée dans les médias.

Le +

Les actions de Vivian à travers le fanzine vont l’aider à s’affirmer et à créer un sentiment de sororité entre les filles du lycée. Cette évolution décrite à travers leurs tâtonnements est très juste et fait plaisir à voir.

Le –

– La couverture rose flashy risque de ne pas attirer les garçons.

– Il manque un peu de profondeur à l’histoire selon moi. Le thème est bien traité, mais il n’est pas assez fouillé par moments. Ça reste un peu lisse, un peu simple. Ce n’est peut-être pas assez engagé à mon sens pour être réellement percutant.

– La petite romance entre Vivian et Seth n’est pas vraiment nécessaire selon moi.

– Dans le récit, l’auteure se focalise surtout sur le sexisme conscient, volontairement blessant. Cela aurait été aussi intéressant de montrer le sexisme inconscient par des gens qui ne sont pas mal intentionnés, mais qui perpétuent un mode de pensée discriminatoire sans s’en rendre compte.

Le coin des profs

Le roman est facile à lire et ne propose pas de définition précise du féminisme, suggérant plutôt le respect de la dignité de l’autre. On peut le proposer à un public très large.

Niveau de lecture

Débutant

Genre

Roman réaliste et engagé

Mots clés

Amitié, condition de la femme, discrimination, féminisme, humiliation, machisme, préjugés, sexisme, sororité

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Nous les filles de nulle part, Amy Reed

Infos pratiques

– À partir de 13 ans

– Milan

– 321p.

– 16,90€

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