Premier arrêt avant l’avenir (Jo Witek)

Premier arrêt avant l’avenir (Jo Witek)

Résumé de l’éditeur

Une échappée belle entre Marseille et Paris pour Pierre, en quête d’amour, d’engagement et de liberté. Un lumineux et émouvant roman d’apprentissage.

Pierre, brillant bachelier primé au concours général, quitte son lycée rural et un milieu modeste pour rejoindre Paris et une prépa d’excellence. La voie royale pour un pur outsider boursier à qui on a toujours rappelé combien il était redevable à la société. Le voilà parti… Mais dans le train Pierre fait la connaissance de la flamboyante Olympe. La jeune fille porte des dreadlocks, voyage sans billet, lit Proudhon et doit partir pour une mission humanitaire sur un voilier. C’est le coup de foudre, un chaos amoureux qui bouleverse l’existence rangée de Pierre et lui ouvre de nouveaux horizons. Sa vie de jeune adulte commence à peine et le voilà qui doute, hésite, vacille. Et si c’était à lui de décider de son avenir ? Et si à dix-huit ans on avait le droit d’être léger ? Pour la première fois, il est prêt à désobéir aux profs, à décevoir sa famille, pour seulement écouter ses envies.

Pour la première fois, il peut décider seul : suivre Olympe ou rentrer sagement à Paris…

Mon avis

L’histoire se déroule principalement sur une journée qui va changer la vision des choses de Pierre, tout juste diplômé d’un baccalauréat scientifique avec les félicitations du jury. En langage commun, on dit que c’est un intello. Il vit dans le Sud de la France et vient d’un milieu modeste. Dès lors la place qu’il a réussi à décrocher dans la prestigieuse prépa d’Henri IV à Paris fait la fierté de ses parents, de son ancienne institutrice et même du village.

Ainsi, à quelques jours de la rentrée, muni de 2 grosses valises et d’un sac à dos, il embrasse ses frères et ses parents sur le quai de la gare et monte dans le train, direction Paris pour suivre la voie tracée pour lui. Mais dans ce train, il tombe sur Olympe Sauvage, qui porte bien son nom. La jeune fille a 20 ans, elle vient d’un milieu aisé et a décidé de faire une pause dans son cursus universitaire de médecine pour participer à une mission humanitaire avec des amis. Ses lectures humanistes, sa conversation facile, son rejet de la partie pourrie de la société et son envie d’un monde plus juste empreint d’humanité insufflent à Pierre une réflexion sur son propre avenir… C’est un début de bouleversement qui va le pousser à s’interroger sur lui-même et lui faire connaître les joies de l’amour.

Pierre se pose la question de son orientation : il a 18 ans et n’a jamais remis en question l’avenir que ses parents et ses profs ont tracé pour lui. Il a en effet toujours suivi un seul chemin, celui qui a été tracé par son institutrice, sa mère et d’autres proches. Un chemin longiligne sans grande difficulté qui le porte directement à obtenir deux titres du concours général des lycéens, et pour cause, Pierre est un petit génie. Les mathématiques, c’est son dada. Il aime sa petite vie bien rangée et n’a connu que son village, son école, les vignes, les champs et Loïc, son plus fidèle ami. En bref, il ignore tout du monde extérieur. Un peu effrayé par ce voyage, Pierre est prêt à affronter l’exigence de sa prépa. Mais c’est sans compter sur l’extravagante jeune femme assise en face de lui, penchée sur un roman de Proudhon, cachée par des dreadlocks. Les quelques mots qu’elle lui adresse lui font l’effet d’un électrochoc, titillent sa curiosité et le bousculent.

Ce roman nous donne à lire un road-trip à l’image d’une quête initiatique : Pierre est enfermé dans une coquille bien trop rigide qui ne laisse pas la place à l’inconnu et à l’improbable. Rencontrer Olympe lui permet de se transformer, de penser par lui-même, de s’émanciper. Il s’ouvre à un monde qu’il n’a jamais côtoyé, en tire des leçons et des bénéfices. Ce jeune homme peu sûr de lui, introverti et maladroit devient un homme qui s’assume peu à peu, poussé par sa première relation amoureuse…

« -Tu es anarchiste ?

 – Anarchiste ?

Elle lève les yeux au ciel, rit, puis précise qu’elle préfère le mot « libertaire ». Elle dit qu’on a fait de l’anarchie un synonyme de désordre et de violence comme on a fait des féministes des femmes endiablées, et des écologistes de doux rêveurs utopistes. Elle dit que les mots sont trompeurs, mais que certaines idées sont belles. Qu’il faut se méfier des jolies phrases, des slogans, des likes intempestifs comme des petits commentaires twittés et que, à la réaction à chaud, il vaut mieux préférer la réflexion. »

Premier arrêt avant l’avenir est un roman intéressant qui nous montre que des rencontres éphémères peuvent être marquantes et fondatrices.

Le +

  • J’ai beaucoup aimé la réflexion sur le destin tout tracé imposé par les parents et les professeurs. Même s’ils sont bienveillants, c’est important de voir un jeune s’interroger sur le moule dans lequel on veut le placer. Le récit ouvre le monde des possibles à ce niveau-là, tout en restant réaliste. J’ai apprécié cette perspective.
  • La fin était logique et tout en nuances. Je l’ai beaucoup aimée aussi !

Le –

  • La couverture donne l’impression qu’on va lire une romance classique un peu mièvre, mais la relation entre Pierre et Olympe ne rentre pas vraiment dans cette case à mes yeux.
  • Certains passages détaillant la philosophie et la sociologie vues par Olympes me paraissaient un peu longs.

Le coin des profs

Le roman ne présente pas de difficulté de lecture et ouvre la porte à un débat sur la question de l’orientation après le secondaire. En filigrane, c’est intéressant aussi de voir tous les clichés sur les génies en maths d’origine pauvre.

Niveau de lecture

Avancé

Genre

Roman d’apprentissage

Mots clés

Choix d’études, classes sociales, liberté, pauvreté, préjugés sociaux, premier amour, quête d’identité, voyage humanitaire

Vous aimerez ce récit si vous avez aimé…

Une fille de…, Jo Witek

Infos pratiques

  • À partir de 15 ans
  • Actes Sud Junior
  • 222p.
  • 14,90€
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