Shadowscent. Le parfum de l’ombre (P. M. Freestone)

Shadowscent. Le parfum de l’ombre (P. M. Freestone)

Résumé de l’éditeur

Dans l’empire d’Aramtesh, les parfums, sacrés, sont l’objet de toutes les convoitises. Avec son nez affûté et sa grande connaissance des senteurs, Rakel espérait devenir parfumeuse et gagner de quoi soigner son père malade. Mais le prince Nisaï est empoisonné et elle est accusée à tort… Obligée de fuir, Rakel doit absolument découvrir l’antidote au poison qui a plongé le prince dans le coma. Ainsi, seulement, elle pourra laver son nom. Pour cela, elle devra s’allier avec Ash, le soldat envoyé sur ses traces. Ensemble, ils découvriront d’anciens secrets enfouis aux confins de l’empire – et au plus profond d’eux-mêmes. Mais parviendront-ils à déjouer la machination qui menace la paix fragile d’Aramtesh?

Mon avis

L’histoire se déroule à Aramtesh, un monde qui possède deux lunes jouant un grand rôle dans la floraison des plantes et dont le passé politique est assez troublé. Au moment où commence le roman, l’empereur, le père de Nisaï, tient sous sa coupe différentes provinces ayant chacune une spécialité dans le domaine des parfums, mais il ne va pas bien et certaines provinces complotent. Les mythes, les dieux contemporains et anciens, les différentes religions qui ont cours et celles qui ont disparu, l’économie, presque toute la vie de ce monde est régie par les parfums.

Nous suivons l’histoire de Rakel, une jeune fille qui a ce qu’on appelle « un nez » chez les parfumeurs. Elle est capable de reconnaître les plus subtiles essences, mais ce don lui rend également la vie difficile. En effet, non seulement elle sait reconnaître les parfums, mais elle a aussi le talent de distinguer et de mémoriser les odeurs qui les composent ; elle en devine même les proportions sans se tromper. Nous découvrirons très rapidement qu’elle connaît les plantes et qu’elle a un vrai talent de guérisseuse. Ses dons devraient lui donner accès à un avenir de parfumeuse, mais le milieu social dont elle est issue ne lui permet que d’en rêver. De plus, Rakel fait du marché noir : elle a désespérément besoin d’argent pour soigner son père atteint de la Pourriture (que les riches préfèrent nommer l’Affliction) et déjà amputé d’une jambe.

Malgré son origine sociale qui ne joue pas en sa faveur, Rakel tente de devenir une parfumeuse officielle dans le but d’avoir les moyens de soigner son père. Malheureusement, son projet tombe à l’eau car la jeune fille a la malchance de se trouver au mauvais endroit au mauvais moment : alors que le prince Nisai est empoisonné, elle est accusée à tort du crime. Rakel va devoir trouver l’antidote au poison qui a plongé le prince dans le coma afin de prouver son innocence. Elle n’aura pas d’autre choix que de s’allier à Ash, le bouclier du prince, en d’autres termes son garde du corps. Les deux jeunes gens devront ainsi parcourir l’Empire pour trouver les ingrédients précieux qui sauveront le prince. Le temps presse pour sauver la vie du prince, celle du père de Rakel et la paix à Aramtesh…

Le récit présente alternativement le point de vue de Rakel et Ash, ce qui nous permet de découvrir chaque protagoniste de façon plus intime, mais cela provoque quelques redondances dans les aventures vécues en commun par les deux héros. De plus, ce saut perpétuel de narrateur peut troubler un jeune lecteur qui doit changer continuellement de point de vue et qui peut mélanger les pinceaux dans les dialogues insérés, en se demandant « qui parle ? ».

L’intérêt du récit réside dans le fait que les 2 protagonistes sont très différents. Ash vit au palais et évolue dans un monde où tout est très codifié, Rakel est une jeune femme du peuple qui survit comme elle peut. La rencontre de ces deux univers opposés se fait petit à petit, jusqu’à tisser un lien intéressant entre les 2 personnages.

« La lumière du feu révèle l’expression tourmentée d’Ash. Alors je me demande pour qui il chante. À qui pense-t-il, tandis que sa voix prend son envol dans la nuit ? Le devoir. L’amour. Nisaï. Ash est amoureux de Nisaï. Il me jette un regard, l’air totalement vulnérable. Je frémis. Il sait que je sais. J’attrape ma sacoche et me lève en vacillant. Tous les autres n’ont d’yeux que pour Ash, ce qui m’arrange. Je recule de quelques pas chancelants. Ash m’observe faire sans manquer une seule note, et son regard me transperce. Je me réfugie dans l’étreinte accueillante de la nuit. Mes pieds m’emportent le long du ruisseau, au-delà des tuldas, plus loin que le camp. Lorsque les bruyères atteignent mes épaules, je réalise que je peux à peine entendre les dernières notes de la chanson d’Ash. Je me laisse tomber sur la berge, sans me soucier qu’une de mes bottes trempe dans l’eau. Pourquoi ne m’a-t-il rien dit? Après toutes les épreuves que nous avons traversées ensemble, ne me fait-il toujours pas confiance? Pourquoi me cacher ça? Soudain, je suis furieuse contre moi-même. Comment ai-je pu ne pas m’en douter? À en croire les mythes, il ne serait pas le premier Bouclier tombé amoureux de son protégé. »

L’entrée en matière de Shadowscent est assez lente et les termes assez techniques pour désigner la réalité de l’univers (je dirais que le récit n’est d’ailleurs pas à lire avant 15 ans), mais j’ai bien aimé le récit quand l’élément déclencheur est lancé. Je me réjouis de lire le tome suivant !

Le +

  • Un bon petit roman de fantasy avec du suspense, ça fait toujours du bien !
  • L’image sur la couverture est intrigante.

Le –

  • La quatrième de couverture dévoile un peu trop l’histoire, il vaut mieux ne pas la lire.
  • Le début de l’histoire est assez lent. Il faut dépasser les cent cinquante premières pages pour qu’il y ait du suspense.

Le coin des profs

Étant donné la lenteur du début, il vaut mieux proposer ce récit à des bons lecteurs afin qu’ils ne soient pas découragés par l’histoire, qui permet d’aborder éventuellement les tensions politiques et religieuses en arrière-plan de l’histoire.

Niveau de lecture

Intermédiaire

Genre

Récit de fantasy

Mots clés

Complot, débrouillardise, famille royale, maladie, meurtre, parfum, pauvreté, politique, religion, royaume

Vous aimerez ce récit si vous avez aimé…

Le parfum, Patrick Süskind

Infos pratiques

  • À partir de 13 ans
  • La Martinière
  • 458p.
  • 21€
Partager sur vos réseaux sociaux

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.