Blood family (Anne Fine)

Blood family (Anne Fine)

Résumé de l’éditeur

Il revient de loin, Edward. Jusqu’à l’âge de 7 ans, il a vécu enfermé dans un appartement avec sa mère, sous l’emprise d’un homme alcoolique et violent. Lorsqu’il est délivré de son bourreau, il peut enfin découvrir le monde qui l’entoure. Mais est-il libre pour de bon ? Recueilli par les services sociaux, puis ballotté de famille d’accueil en famille d’adoption, Edward se construit en tentant d’oublier son passé. Mais au fil des années, ce passé le suit pas à pas et ne cesse de se rappeler à lui. La force, le courage et la volonté lui suffiront-ils pour lui échapper ?

 

Mon avis

A priori, la couverture noire du roman m’a plutôt repoussée, je croyais que c’était un roman policier. Quand j’ai lu qu’il s’agissait d’une histoire de maltraitance, j’ai été à la fois attirée, mais aussi un peu craintive à l’idée que le récit bascule dans le polar rempli de clichés. Il n’est en rien. J’ai littéralement dévoré ce roman, tellement il m’a plu !

Comme le résumé l’indique sur la 4e de couverture, Edward a vécu enfermé pendant 7 ans avec sa mère, sous l’emprise de Harris, un homme colérique et mauvais. Contraint de dormir sur une couverture dans un coin du salon, avec la chienne de son père, le petit garçon ne connaît de l’extérieur que ce qu’il observe par la fenêtre et ce qu’il voit dans une vieille émission télévisuelle pour enfants, enregistrée sur cassette et animée par le débonnaire Monsieur Perkins.

C’est une voisine soupçonnant des sévices qui contacte les services sociaux et permet de délivrer Edward. Mais sa souffrance ne s’arrête pas là. Sa mère a tellement subi de sévices qu’elle a en quelque sorte perdu la raison, elle n’est plus en mesure de s’occuper de son fils et est envoyée dans un hôpital psychiatrique. Edward, désormais seul, est confié à une famille d’accueil bienveillante avant d’être adopté par une autre. Le cadre est rassurant, mais les démons intérieurs d’Edward sont bien là. Habitué à ne pas faire de bruit et ne contrarier personne, le voilà parachuté dans le monde tel que nous le connaissons, avec ses multiples stimuli. Méconnaissant les codes sociaux et accusant un sévère retard scolaire, il apprend à vivre comme tout le monde avec une persévérance touchante.

Blood family est un récit polyphonique qui retrace le parcours d’Edward depuis sa sortie de prison parentale jusqu’à ce qu’il devienne un jeune adulte. Régulièrement, les démons intérieurs du héros pointent le bout de leur nez et font surfer Edward sur une pente dangereuse (alcool, drogue, fugue).

« Elle est toujours là, la douleur. Toujours. Tapie dans l’ombre comme un ennemi qui les observe et attend l’occasion de leur faire un croche-pied. »

À l’adolescence, Edward se met à redouter de ressembler un jour à son père. Pour le jeune garçon, cette crainte est terrible à vivre. Est-il destiné à devenir alcoolique et violent comme Harris ? On lit tour à tour le point de vue du protagoniste et de ses proches et on découvre la complexité du traumatisme, de ses séquelles et la difficulté pour les proches de comprendre le mystère d’un trauma qu’ils n’ont pas vécu.

Blood family est un roman coup de poing (sans mauvais jeu de mots) qui ne peut laisser aucun lecteur indifférent. Intense et humain, il met en avant un héros blessé mais lumineux, animé par une rage de vivre touchante et nous montre que s’il y a une leçon à tirer de cette histoire, c’est que l’on peut s’en sortir si on le veut vraiment et qu’il n’est pas nécessaire d’être lié par les liens du sang pour former une famille. L’hérédité ne fait pas tout, fort heureusement.

 

Le +

  • Le caractère polyphonique du roman permet d’aborder la complexité de la maltraitance avec beaucoup de profondeur et de finesse.
  • Lorsque la séquestration est relatée, à aucun moment on ne bascule dans le voyeurisme. Les détails violents sont abordés avec pudeur.
  • Le style de l’auteure est ciselé, ce qui rend le récit haletant.
  • Le courage d’Edward et sa résilience sont admirables. J’ai adoré sa façon de se raccrocher toujours au positif.

 

Le –

  • Le roman est très dur, à ne pas mettre dans des mains trop sensibles.
  • À la fin du récit, on voudrait qu’Edward soit vivant pour le prendre dans nos bras (mais c’est aussi un point positif).

 

Le coin des profs

  • Des lecteurs faibles se perdraient peut-être un peu dans la structure travaillée du roman (style ciselé, différents points de vue des personnages).
  • Le thème de la maltraitance, de l’alcool et des drogues sont très intéressants à aborder, mais ils ne laissent pas les ados indifférents. Donc, il faut avoir une certaine aisance avec ceux-ci pour les aborder en classe avec finesse, en évitant les clichés et les réactions excessives des élèves.
  • Le roman est très intéressant à aborder dans une filière sociale pour comprendre les séquelles de la maltraitance, la systémique d’une famille dysfonctionnelle et les troubles de l’attachement chez l’enfant.
  • Le roman est conseillé à partir de 12 ans, mais je ne le conseillerais pas avant 14 ans vu la dureté du sujet.

 

Infos pratiques

  • De 12 à 16 ans
  • L’école des loisirs (collection « Médium grand format »)
  • 341p.
  • 17,50€
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